Sur la visite de sa tombe et ses mérites
Extrait de Kitab ash-Shifâ du Qadî 'Iyâd al-Mâlikî.
La visite de la tombe du Prophète est une sunna qui fait l’unanimité des musulmans et une vertu vivement recommandée, comme le rapporte Ibn Umar.
En effet, al-qâdî Abû Alî nous a rapporté, d’après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu’à Ibn ‘Umar que le Prophète a dit:
“A celui qui visite ma tombe, mon intercession lui est acquise.”
Anas Ibn Mâlik rapporte de son côté que l’Envoyé de Dieu (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a dit:
“Celui qui me rend visite à Médine en ne recherchant que la récompense, sera à mes côtés et je serai son intercesseur au Jour de la Résurrection.”
Il a dit dans un autre Hadîth:
“Celui qui me rend visite après ma mort, c’est comme s’il m’avait visité de mon vivant.”
Cela dit, l’imâm Mâlik n’aime pas qu’on dise: Nous avons visité la tombe du Prophète.
On a divergé sur la signification de cette attitude. On l’a expliqué par la répugnance qu’inspire le nom “visiteur”, conformément à la parole du Prophète : “Dieu maudit les visiteurs des tombes.” Mais ceci est réfuté par son autre parole: “On vous a interdit la visite des tombes. Mais maintenant visitez-les” et par son expression: “Celui qui visite ma tombe et il a formulé expressément le terme de ziyarat (visite). De plus, on a rapporté dans le Hadîth sur les habitants du Paradis qu’ils rendront visite à leur Seigneur. Ainsi, l’application de ce terme de “visite” n’est pas interdite.
Abû ‘Imrân dit ceci: L’imâm Mâlik déteste seulement que l’on dise: tawâf az-ziyara (jour de la visite) lorsqu’on visite la tombe du Prophète parce que les gens utilisent ces expressions entre eux dans l’échange des visites. Aussi, il déteste que le Prophète soit placé sur le même plan que les gens en utilisant ce terme. Il préfère lui réserver une expression particulière en disant: Nous avons salué le Prophète.
En plus, la visite est quelque chose qui est simplement permis entre les gens, tandis que le fait de se rendre à sa tombe relève de la recommandation et de l’incitation, même s’il ne n’agit pas d’une obligation.
A mon avis cette répugnance de Mâlik s’explique par le fait qu’il n’aime pas entendre les termes “visite” et “tombe du Prophète”. Autrement dit, si le visiteur dit: J’ai visité le Prophète, cela lui semble acceptable. Car le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam), a dit: “Mon Dieu ! Ne fais pas de ma tombe une idole qu’on adore après ma disparition. Le courroux de Dieu est grand contre les peuples qui ont fait des tombes de leurs prophètes des mosquées.” Il a donc récusé la liaison de ce terme avec la tombe pour éviter la ressemblance avec eux, afin qu’il n’y ait plus aucune justification et pour trancher cette question. Mais Dieu est Plus Savant.
Ishâq Ibn Ibrâhîm al-Faqîh a dit: Les pèlerins ne cessent d’avoir pour habitude de passer par Médine dans l’intention de prier dans la mosquée de l’Envoyé de Dieu (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) de rechercher la bénédiction en voyant sa rawda (Jardin), son minbar, sa tombe, les endroits où il s’asseyait, qu’il a touchés de ses mains et foulés avec ses pieds, la poutre sur laquelle il s’appuyait, là où Gabriel (paix sur lui) lui apportait la révélation et par là où sont passés les Compagnons et les Imâms des musulmans, car tout cela renferme beaucoup d’enseignements pour l’exhortation de ces pèlerins.
Pour sa part, Ibn Abî Fudayk rapporte ceci: J’ai entendu quelqu’un, parmi les générations précédentes, qui disait: On a rapporté que celui qui se met devant la tombe du Prophète et récite le verset suivant: Dieu et Ses anges bénissent le Prophète... (33 :56), puis dit soixante-dix fois: Que Dieu t’accorde la grâce Ô Muhammad ! il sera exaucé pour tout ce qu’il demande.
De son côté, Yazîd Ibn Abî Sa’îd al-Mahrî rapporte ce qui suit: Je suis allé voir ‘Umar Ibn ‘Abd-l-‘Azîz et lorsque je lui ai fait mes adieux, il m’a dit: J’ai quelque chose à te demander: “Lorsque tu arrives à Médine, tu verras la tombe du Prophète. Transmets-lui le salut de ma part !“
Quelqu’un d’autre disait: J’ai vu Anas Ibn Mâlik arriver devant la tombe du Prophète. Il s’arrêta devant et leva les mains, si bien que je l’ai cru engagé dans une prière. Puis il salua le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) et partit.
Mâlik dit, d’après la version que rapporte Ibn Wahb, lorsque le fidèle salue le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam), et fait son invocation, qu’il se mette debout en ayant la face tournée vers l’auguste tombe et non pas vers la qibla. Qu’il se rapproche et salue, sans toucher la tombe de sa main.
De son côté, Ibn Abî Mulayka dit: Celui qui veut se mettre en face du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) n’a qu’à se mettre sous la lanterne qui se trouve du côté de la qibla près de la tombe. Pour sa part, Nâfi’ rapporte qu’Ibn ‘Umar saluait la tombe et ajoute: Je l’ai vu plus de cent fois venir près de la tombe et dire: Que la paix soit sur le Prophète ! Que la paix soit sur Abû Bakr ! Que la paix soit sur mon père ! Ensuite il partait. On a vu également Ibn ‘Umar mettre sa main sur l’emplacement du minbâr où le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) s’asseyait, puis la passer sur son visage.
Al-’Utbi rapporte, pour sa part, que lorsque la mosquée se vidait, les Compagnons du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) touchaient de leur main droite le pied du minbâr qui dépassait la tombe puis se mettaient en direction de la qibla pour faire des invocations.
De même, il est rapporté dans le Muwatta’ de Mâlik, d’après la version de Yahyâ Ibn Yahyâ al-Laythî, qu’Ibn ‘Umar se mettait devant la tombe du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) et invoquait la grâce sur lui, sur Abû Bakr et ‘Umar. Mais il est précisé dans la version rapportée par Abû-l-Qâssim qu’il faisait ensuite des invocations en faveur d’Abu Bakr et de ‘Umar.
Mâlik dit, d’après la version que rapporte Ibn Wahb: Celui qui salue dit “Que la paix soit sur toi Ô Prophète ainsi que la Miséricorde de Dieu et Ses bénédictions !“ Il ajoute dans le Mabsût: et il salue Abû Bakr et ‘Umar.
Pour sa part, al-qâdî Abû-l-Walîd al-Bajî estime que le fidèle doit invoquer la grâce sur le Prophète sur Abû Bakr et ‘Umar.
Pour Ibn Habîb, le fidèle dit en entrant dans la mosquée de l’Envoyé de Dieu (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) : “Au Nom de Dieu — Paix sur l’Envoyé de Dieu. Paix sur nous de la part de notre Seigneur ! Que Dieu accorde la grâce — ainsi que Ses anges — à Muhammad ! Mon Dieu ! Pardonne-moi mes péchés ! Ouvre pour moi les portes de Ta miséricorde et de Ton Paradis ! Préserve-moi contre Satan le maudit !“ Ensuite il se dirige vers le rawda (jardin) qui se trouve entre la tombe et le minbâr où il accomplit une prière de deux rak’ât avant de se mettre devant la tombe. Au cours de cette prière, il loue Dieu et Lui demande de l’aide pour accomplir parfaitement ce pour quoi il est venu.
Si le fidèle accomplit cette prière de deux rak’as en dehors, elles suffisent encore mais il vaut mieux les faire dans la rawda. Car le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a dit:
“Il y a entre mon minbâr et ma tombe un jardin du Paradis. Et mon minbâr est situé au bord d’un abreuvoir du Paradis.”
Ensuite, le fidèle se met humblement et respectueusement debout devant sa tombe, invoque la grâce sur lui et le loue avec les mots qui lui viennent à l’esprit. Ensuite il salue Abû Bakr et ‘Umar.
Il multiplie les prières de jour comme de nuit dans la Mosquée du Prophète et ne manque pas de visiter la mosquée de Quba et les tombes des martyrs.
Mâlik dit qu’il doit saluer le Prophète chaque fois qu’il rentre ou sort de Médine.
Par ailleurs, Ibn Wahb rapporte d’après Fatîmah, la fille du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam), que son père (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a dit:
“Lorsque tu pénètres dans la mosquée, invoque la grâce sur le Prophète et dis ensuite: Mon Dieu ! Pardonne-moi mes péchés. Ouvre pour moi les portes de Ta miséricorde ! Et lorsque tu en sors invoque la grâce sur le Prophète puis dis: Mon Dieu pardonne-moi mes péchés et ouvre pour moi les portes de Ta faveur !“
Il est dit dans une autre version “Qu’il invoque la paix” à la place de l’invocation de la grâce et qu’il dise en sortant: “Mon Dieu ! Je Te demande Ta faveur !“
Il est dit encore, dans une autre version: “Mon Dieu ! Préserve-moi contre Satan le maudit !“
Selon Muhammad lbn Sîrîn, les gens disaient en entrant dans la mosquée:
“Dieu accorde Sa grâce — ainsi que Ses anges — à Muhammad. Que la paix soit sur Toi Ô Prophète ainsi que la Miséricorde de Dieu et Ses bénédictions Au Nom de Dieu nous entrons. Au Nom de Dieu nous sortons. A Dieu nous nous en remettons !“ ; et ils répétaient la même chose en sortant.
Fatîmah rapporte également que lorsque le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) entrait dans la mosquée, il disait: “Que Dieu accorde la grâce et la paix à Muhammad.” Puis il disait les mêmes choses que dans le Hadîth précédent rapporté par Fatîmah.
Il est dit encore dans une autre version: Il louait Dieu, prononçait le Nom de Dieu, invoquait la grâce et la paix, puis répétait les mêmes formules qu’au Hadîth précédent.
D’autres rapportent que lorsque l’Envoyé de Dieu (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) pénétrait dans la mosquée, il disait: “Mon Dieu Ouvre pour moi les portes de Ta miséricorde et facilite pour moi l’ouverture de Tes subsistances !“
De son côté, Abû Hurayra dit: Lorsque l’un de vous entre dans la mosquée, qu’il invoque la grâce sur le Prophète et qu’il dise ensuite:
“Mon Dieu ! Ouvre pour moi !“
Pour sa part, Mâlik précise dans le Mabsût que les habitants de Médine qui entrent et sortent de la Mosquée ne sont pas tenus de se mettre devant sa tombe car cela s’impose uniquement aux étrangers. Il ajoute dans un passage du même livre: il n’y a pas de mal pour celui qui rentre d’un voyage à se mettre devant la tombe du Prophète pour invoquer la grâce sur lui et faire des invocations en faveur d’Abû Bakr et de ‘Umar. On lui a dit: “Il y a des gens de Médine qui ne rentrent pas de voyage et qui le font pourtant une fois ou même plus dans la journée. Il leur arrive de se mettre le vendredi et même les autres jours une fois, deux fois ou davantage devant la tombe, pour saluer et faire des invocations durant un long moment.”
Mâlik répondit par ceci: les dernières générations de cette Communauté ne s’amélioreront qu’en s’en tenant à ce qui a amélioré les premières. Or, on ne m’a pas rapporté que les premières générations de cette Communauté faisaient cela. Aussi, cela n’est bon que pour celui qui rentre d’un voyage ou veut l’entreprendre.
Ibn Al-Qâssim dit, quant à lui: J’ai vu les habitants de Médine venir devant la tombe et saluer chaque fois qu’ils quittaient leur ville ou y entraient. D’ailleurs, cette attitude résume mon opinion sur cette question.
Al-Bajî explique que Mâlik a établi une distinction entre les habitants de Médine et les étrangers parce que les étrangers viennent uniquement dans ce but, tandis que les habitants de Médine y sont fixés et ne s’y rendent pas uniquement pour visiter la tombe et saluer.
Du reste, comme nous l’avons rappelé, le Prophète a dit: “Mon Dieu Ne fais pas de ma tombe une idole qu’on adore ! Le courroux de Dieu est grand contre des peuples qui ont fait des tombes de leurs prophètes des mosquées.”
Il a dit aussi: “Ne faites pas de ma tombe un lieu de réjouissance.”
De même, il est indiqué dans le livre d’Ahmad Ibn Sa’îd al-Hindî au sujet de celui qui se met debout devant la tombe, qu’il ne doit pas s’y coller ou la toucher ou rester trop longtemps.
Dans la ‘Utbya, il est indiqué que le fidèle est tenu de s’incliner avant de saluer dans la mosquée du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam). Et, le meilleur endroit où il convient de faire des prières surérogatoires en ce lieu, c’est l’oratoire du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam), près de la poutre usée. Pour ce qui est des prières obligatoires, le fidèle est tenu d’avancer dans les rangs. De même, il est préférable pour les étrangers d’observer les prières surérogatoires dans cette mosquée plutôt que de les faire dans les maisons.



Réponse avec citation
Amine

