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    Allah ihdina alssirata el moustaquim Avatar de Satra_Dine
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    Par défaut Petits arrangements avec le voile [ article du "Le Monde" ]

    Petits arrangements avec le voile

    LE MONDE | 16.02.10 | 13h46 • Mis à jour le 16.02.10 | 13h46

    Fatima ne comprend "vraiment pas le tapage" qui a suivi l'annonce de la candidature d'Ilhem Moussaid en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le simple foulard blanc sous lequel, conformément à ses croyances religieuses, la candidate du Nouveau Partianticapitaliste (NPA) dissimule ses cheveux, a pourtant relancé les interrogations sur la compatibilité entre islam et laïcité. Et replacé le voile islamique au coeur du débat.

    "Le nombre de filles voilées et qualifiées n'a jamais été aussi important, mais on continue de nous diaboliser", soupire Fatima (elle requiert l'anonymat), 25 ans, licenciée en économie et voilée depuis trois ans. Après des études universitaires en Normandie au cours desquelles son voile n'a posé "aucun problème", elle a souhaité suivre une formation professionnelle. Admise sur dossier dans un Greta, établissement public de formation, elle assure avoir vu son inscription annulée lorsque les responsables ont appris qu'elle portait le voile. "L'une d'elles m'a dit : "Si vous le portez à la pirate (foulard noué sur la nuque), à la limite ça peut passer." Mais soit on le porte, soit on ne le porte pas !", s'énerve la jeune femme, qui porte un hidjab (voile) couvrant ses cheveux, ses épaules et sa poitrine.

    Incitée par un conseiller du Pôle emploi, elle a alerté la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde). Cette dernière, saisie d'une vingtaine de cas similaires depuis deux ans, estime que le refus d'inscrire des femmes voilées dans un Greta constitue une discrimination. Munie de ces délibérations, Fatima compte bien se présenter, fin février, au Greta pour y suivre son premier cours de comptabilité.

    Perçu par une grande partie de l'opinion publique française comme un symbole d'oppression des femmes, le foulard islamique ne passe pas. L'émergence dans la vie politique, économique et sociale d'une génération de femmes nées ou élevées en France, formées à l'école publique, mais déterminées à afficher leurs croyances, pose pourtant de nouvelles questions à la société. Et amène ces musulmanes voilées à développer des stratégies. Entre compromis et crispations.

    Aujourd'hui, la plupart des femmes concernées se dévoilent à l'entrée de leur entreprise ou de l'établissement public dans lequel elles travaillent. Celles qui étaient lycéennes en 2004, date à laquelle la loi a interdit le port du foulard à l'école, ont vécu avec "le voile dans le cartable", le retirant à l'entrée de l'établissement. Elles prolongent cette habitude dans le monde professionnel.

    Hakima Aït El-Cadi a fait un choix plus radical. A 22 ans, cette universitaire prometteuse comprend que son avenir professionnel passe par son dévoilement. Voilée depuis l'âge de 16 ans, "pour faire honneur à la tradition familiale et en mémoire d'un père décédé prématurément", plus que par militantisme, elle retire son foulard. Sa famille désapprouve : "Elle a eu l'impression que je "jouais" avec la religion", explique Hakima. Elle-même est alors hantée par la culpabilité. "Pour moi, il y avait toujours eu un lien intrinsèque entre foi et voile", explique la sociologue, aujourd'hui âgée de 34 ans et mère de trois enfants. "Cela prend du temps pour se reconstruire dans sa foi sans le voile."

    Malgré cet "effort", elle estime avoir été rattrapée par son passé. En 2007, lors d'un entretien pour un poste à la Sorbonne, le professeur qui l'interroge lui parle longuement de ses "convictions religieuses". Elle porte plainte pour "discrimination religieuse". Aujourd'hui adjointe au maire (UMP) d'Avignon, sans poste universitaire, elle poursuit son "engagement républicain" dans l'arène politique. "Il est difficile de dire aux jeunes filles : "Enlevez votre voile si vous voulez réussir", car la population musulmane, avec ou sans voile, est souvent assignée à son appartenance identitaire", reconnaît-elle. Au-delà de la religion, le seul patronyme suscite encore des discriminations. "Nous devons négocier nos positions, concéder des compromis, nous délester de certaines pratiques", persiste la jeune femme, au risque de déplaire. "Si, un jour, je souhaitais à nouveau porter le voile, je sais que je ne pourrais pas le faire dans le cadre de mes fonctions de représentation."

    D'autres, comme Hayette, étudiante en master de droit bancaire, tentent de concilier leur "émancipation sociale avec leurs convictions religieuses". Elles portent un large bandeau couvrant ou "francisent" leur voile en turban. "C'est le compromis que j'ai accepté entre mes croyances et la société française", explique-t-elle. C'est aussi ce que conseille Dounia Bouzar, anthropologue et spécialiste de l'islam, aux jeunes diplômées, au nom de "la capacité d'adaptation" des cadres dans l'entreprise.

    Pour l'heure, Fatima juge ces concessions impensables. "On accepte de nous former, mais une fois que l'on est diplômée on nous bloque et on nous force à rester chez nous, ce n'est pas cohérent." Une "incohérence" que certains voudraient voir réglée par une extension de la loi de 2004 à l'université. D'autant que le récent débat sur le port du voile intégral a encore durci les positions, niqab et foulard (hidjab) étant parfois assimilés à un même intégrisme religieux.

    Fatima, qui avec son voile a pu effectuer un stage au service comptabilité d'une grande entreprise automobile, ne désespère pourtant pas de trouver des employeurs "ouverts", pour ne pas rejoindre ces "femmes surdiplômées qui acceptent des emplois non qualifiés, dans le ménage ou le télémarketing". Là où la visibilité de l'islam ne pose pas problème.

    Lila Charef reconnaît la difficulté d'expliquer de tels choix à l'opinion publique non musulmane. "Mais il y a un moment où une personne ne peut plus supporter que l'on porte atteinte à ses convictions religieuses", explique la jeune femme, juriste au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). Avant de porter le voile, elle a exercé trois ans comme avocate à Paris. "Avant de quitter le barreau, je pensais à me voiler mais, d'une part, je n'étais pas prête et, d'autre part, j'étais consciente des difficultés que cela entraînerait dans le monde professionnel", témoigne-t-elle. Aujourd'hui, elle reçoit des plaintes de femmes voilées à qui l'on refuse des formations, l'inscription en club de gymnastique, l'accès à la banque ou à l'auto-école. "Quand elles essayent d'exister socialement, elles rencontrent des difficultés, que ce soit dans le travail, pour des stages, pour les loisirs même", relève-t-elle.


    Les plus attachées à leur voile se replient sur leur foyer ou sur des emplois communautaires, dans les commerces, les associations ou les entreprises familiales, comptant sur la solidarité musulmane. Le réseau, tel qu'il est organisé par l'association Les dérouilleurs, constitue une nouvelle étape dans cette culture d'entraide. L'association, ainsi nommée pour faire pièce au cliché des "jeunes qui rouillent au pied des immeubles", rassemble des cadres et des diplômés de culture musulmane.


    Rédactrice en chef de Salam News, "le premier gratuit des cultures musulmanes", Hawwa Huê Trinh Nguyên n'est pas loin de s'énerver du repli auquel se résignent certaines femmes voilées. Française d'origine vietnamienne, convertie à l'islam depuis vingt ans, cette surdiplômée a, à l'époque, pourtant fait ce choix. "Je me suis désengagée de la vie professionnelle au profit de la famille et de mes enfants, assume-t-elle, afin de me mettre en conformité avec une certaine conception de l'islam." A 26 ans, peu après son mariage, elle se voile, pour "être tranquille par rapport à sa belle-famille et aux hommes".

    Sous son foulard coloré porté en turban, elle regrette "la focalisation des débats sur le voile". "La question est plutôt celle de la place de la femme dans l'islam, dans la société, dans l'entreprise", insiste la jeune femme, qui reconnaît au passage "l'interprétation machiste" du Coran qui prévaut encore souvent chez les musulmans. Après avoir travaillé des années dans l'édition à son domicile, Hawwa a repris un travail "normal", une fois ses quatre enfants élevés. Son parcours ne l'empêche pas de pousser les nouvelles générations à prendre leur place dans la société. "Si elles portent le foulard aujourd'hui, c'est qu'elles sont courageuses", estime la quadragénaire. Quand des stagiaires voilées postulent à Salam News, elle leur conseille d'aller plutôt voir... à L'Equipe. "Je leur dis : "Ouvrez les portes, enfoncez-les, allez là où on ne vous attend pas." Sinon, elles vivront une grande frustration. Or, avec ou sans voile, le but c'est d'être épanouie !"

    "L'islam français est en train de se mettre en place, poursuit-elle, c'est pour cela qu'il y a des blocages ; mais il finira par acquérir une certaine normalité." Dans ce contexte, même si elle aussi s'agace de la polémique suscitée par la candidate du NPA "réduite à son foulard", elle estime qu'Ilhem Moussaid "peut contribuer à changer l'image de l'islam".

    Aujourd'hui, alors que la loi n'encadre le port du foulard qu'à l'école et pour les agents du service public, la société s'en remet à la jurisprudence et à la Halde, pour répondre à ces nouvelles situations. Une des délibérations de la Haute Autorité a quasiment réglé les contentieux liés à l'accompagnement des sorties scolaires par des mères voilées. Dans les entreprises, la prise en compte du foulard varie selon les secteurs professionnels et le degré de réflexion sur l'accueil de la diversité. Dans la sphère politique, le cas d'Ilhem Moussaid pourrait, lui, relancer le débat sur la présence de femmes voilées dans les assemblées représentatives.


    Stéphanie Le Bars


    (¯`·.(¯`·. Louange à Allah, nous le louons, nous implorons Son aide, Sa guidance, Son secours. Nous cherchons refuge auprès d'Allah contre le mal instigué par notre âme et nos mauvaises actions. Celui qu'Allah guide ne saurait être égaré et celui qu'Allah égare tu ne trouveras alors pour lui aucun allié pour le mettre sur la bonne voie. O Seigneur, étend la paix et la bénédiction sur ce Messager généreux, sur sa famille, ses compagnons. .·´¯).·´¯)

  2. #2
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    salam aleikoum, je trouve cet article intéressant et je suis étonnée qu'il se trouve sur Le Monde.

    C'est bien malheureux de ne pas pouvoir exercer une profession avec un voile dans notre pays, mais ce n'est pas étonnant...

    par contre, je connais des soeurs qui optent pour un voile dit plus discret et qui y arrivent tout en conciliant leur vie de famille, machaAllah, elles sont généralement défendues par leur hiérarchie car leur comportement est tel que les gens les apprécient.

    Je tiens à préciser qu'on n'est pas obligé non plus de parler de religion à nos entretiens d'embauche, il existe en effet différentes raisons pour les quelles on peut être amenées à se couvrir les cheveux dans ce bas monde.

    Ils nous harcèlent avec leur soi disant laïcité (dont ils ont transformé le sens initial), on n'a qu'à s'en servir pour argument après tout, ils voient un fichu sur une tête ou un turban, si tu t'appelles Fatima, tu es forcément musulmane, si tu as un nom français, c'est pas systématique, la question de la religion n'a pas lieu d'être dans un entretien d'embauche !!! Encore faut-il savoir contourner la question sagement et agréablement...et sans mentir bien entendu...

    Enfin, c'est certes Dieu qui octroye un travail, mais c'est sur qu'il ne faut pas nier le style vestimentaire adopté pour un entretien d'embauche, malheureusement, dans les maisons pour l'emploi, ils conseillent même des stages en relooking...franchement, pour une soeur qui cherche un emploi avec son hijab, même en turban, ce n'est pas une mince affaire...

    Faut-il choisir de se résigner et de se restreindre à sa vie familiale qui est quand même une très noble tâche ? Mais pour nos soeurs qui aimeraient malgré tout exercer une activité professionnelle avec leur voile, faut-il continuer à leur dire qu'elles seront mieux chez elles et les faire culpabiliser ou au contraire les soutenir ???

    Je préfère les soutenir... mais Dieu est plus Savant...

  3. #3
    Nasi Goreng! Enak! Avatar de Tariq
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    As Salam Aleykoum

    Je tiens à préciser que dans un numéro du journal gratuit métro, était également publié un sondage disant que plus de 50% des personnes interrogées n'avaient rien contre le voile et considéraient le débat contre le "voile intégral" absolument inutile et non avenu.

    J'ai peur que le soi-disant refus du voile en France soit instrumentalisé pour créer un sentiment de défiance entre la communauté musulmane française et les autres français.
    Mais comment avoir la réaction appropriée.... mis à part les du'as pour l'instant, je ne vois pas.

    Ca m'arrive de débattre sur un forum neutre parlant de tout et de rien et regroupement un peu de tout, de l'islamophobe basique au catho tradi , en passant par des musulmans etc....
    La question de l'Islam soulève de vives passions, mais j'ai été agréablement étonné du nombre de personnes non-musulmanes qui défendent l'islam et les musulmans, et qui respectent notre religion.

    Je sais , je dévie un peu du sujet, mais je pense que c'est important à préciser.
    Peut être qu'on essaie également de nous faire croire que tout le monde est ocntre nous, alors que ce n'est pas forcément autant le cas qu'on le dit.
    Et Dieu est plus Savant.
    Ô tristesse, tu pourras toujours serrer mon Cœur, il ne saignera que des pétales de rose parce que j'ai l'Amour d'Allah avec moi!

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