Djibril
06/03/2006, 05h16
salam alaikoum wa rahmatoullah wa barakatouh,<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>
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L'imam as-Subki a indiqué dans ses tabaqat ash-shafi'iyya que les anthropomorphistes sont, parmi toutes les sectes, les plus connus pour leurs falsifications.<o:p></o:p>
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Afin d’appuyer leur doctrine, ils n’ont pas hésité à fabriquer de toutes pièces des paroles allant de leur sens et à les attribuer aux grands savants de l’islam.<o:p></o:p>
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De nos jours, les wahabites sont très heureux de pouvoir puiser dans ce réservoir inépuisable de textes falsifiés pour légitimer leur croyance.<o:p></o:p>
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On peut ainsi facilement trouver sur le net des compilations de citations anthropomorphistes mensongèrement attribuées aux grands savants sunnites, en particulier ceux du salaf.<o:p></o:p>
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Afin d’avoir une idée plus claire de ce phénomène, on va se pencher plus particulièrement sur une parole de ce genre qui est attribuée à l’imam Abou Hanifa.<o:p></o:p>
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Le plus étonnant, c’est que cette parole n’est pas seulement défendue par les wahabites, mais qu’on la retrouve sur des sites prétendument hanafites, comme celui d’Anas Ahmed Lala.<o:p></o:p>
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Ce site pose effectivement un gros problème sur le net francophone. L’auteur se dit hanafite, et a parfois d’excellents articles selon le rite hanafite, mais dévie de la position hanafite (voire sunnite) sans l’indiquer dès qu’il s’agit d’un sujet où il y a une controverse entre hanafites et wahabites, et ce afin de prendre position en faveur de l’avis wahabite.<o:p></o:p>
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Voyons donc ce qu’il a à dire sur le sujet.<o:p></o:p>
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<TABLE class=MsoNormalTable style="WIDTH: 100%; mso-cellspacing: 0cm; mso-padding-alt: 4.5pt 4.5pt 4.5pt 4.5pt" cellSpacing=0 cellPadding=0 width="100%" border=0><TBODY><TR style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-lastrow: yes"><TD style="BORDER-RIGHT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-RIGHT: 4.5pt; BORDER-TOP: #ece9d8 1pt inset; PADDING-LEFT: 4.5pt; BACKGROUND: #f6feec; PADDING-BOTTOM: 4.5pt; BORDER-LEFT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-TOP: 4.5pt; BORDER-BOTTOM: #ece9d8 1pt inset; mso-border-alt: inset windowtext .75pt">A ceux de mes coreligionnaires qui se permettent de dénigrer leurs frères qui disent "Dieu est sur Son Trône mais Il ne ressemble pas aux humains", à ceux qui se permettent donc de dénigrer leurs frères pour cela et de dire d'eux qu'ils sont anthropomorphistes (mujassimites), qu'ils ont subi l'influence des traditions isrâ'îliyyât ou encore qu'ils ne suivent pas Abû Hanîfa, je dirai simplement ceci : "Avant de parler avec des grands airs, renseignez-vous un peu à propos de ce qu'est vraiment l'avis de Abû Hanîfa et de Abû Yûssuf sur la question. Découvrez l'avis de ces deux grands savants, rapporté par le savant hanafite Ibn Abi-l-'izz dans Shar'h al-'aqîda at-tahâwiyya (tome 2 p. 387).<o:p></o:p>
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Il convient tout d’abord de toucher un mot sur la référence qui est donnée.<o:p></o:p>
Ibn Abi al-‘Izz (m. 792 h) n’est en effet même pas reconnu comme un hanafite par les grands savants hanafites. Et même s’il était vraiment hanafite, il n’est aucunement considéré comme une référence chez eux.
L’imam hanafite de son temps, Mulla Ali al-Qari (m. 1014 h) a dit de lui dans son sharh du fiqh al-akbar de l’imam Abou Hanifa (page 172) :
« Il est le partisan d’un madhhab infondé suivant un groupe d’innovateurs. »
L’assistant du dernier sheikh al-islam ottoman, considéré comme le mujaddid du 14e siècle de l’hégire par l’imam Abou Zahra, l’imam Mohammed Zahid al-Kawthari (m. 1371 h) a dit de lui :
« Un commentaire a été publié [sur la `Aqida Tahawiyya], écrit par un inconnu mensongèrement affilié à l'école hanafite, mais dont l'ouvrage proclame son ignorance de la discipline et le fait qu'il est un anthropomorphiste qui a perdu sa boussole. »
(Al-Kawthari, al-Hawi fi Sira al-Imam al-Tahawi, page 38)
On a donc un rejet clair de l’appartenance de cet individu au rite hanafite par 2 monuments du madhhab hanafi et du hadith.
Par ailleurs, ce récit (qui est tiré de fiqh al-absat) pose plusieurs problèmes.
1) Premièrement, cette parole de l’imam Abu Hanifa existe en plusieurs variantes.<o:p></o:p>
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Anas Ahmed Lala rapporte (ou plutôt paraphrase) la riwaya qui est citée par Ibn Abi al-Izz dans son sharh de la tahawiyya et adh-Dhahabi dans kitab al-‘uluw :
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<TABLE class=MsoNormalTable style="WIDTH: 100%; mso-cellspacing: 0cm; mso-padding-alt: 4.5pt 4.5pt 4.5pt 4.5pt" cellSpacing=0 cellPadding=0 width="100%" border=0><TBODY><TR style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-lastrow: yes"><TD style="BORDER-RIGHT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-RIGHT: 4.5pt; BORDER-TOP: #ece9d8 1pt inset; PADDING-LEFT: 4.5pt; BACKGROUND: #f6feec; PADDING-BOTTOM: 4.5pt; BORDER-LEFT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-TOP: 4.5pt; BORDER-BOTTOM: #ece9d8 1pt inset; mso-border-alt: inset windowtext .75pt">Abû Mutî' al-Balkhî questionna Abû Hanîfa au sujet du musulman qui dirait ne pas savoir où considérer Dieu. Abû Hanîfa répondit qu'un musulman ne pouvait dire cela, [I]"car Dieu a dit : "Le Miséricordieux, sur le Trône s'est établi" [Coran 20/5] ; or Son Trône est au-dessus de sept cieux" ; il dit aussi qu'un musulman ne pouvait dire qu'il ne sait pas si Dieu est dans la direction du haut, car "Dieu est invoqué d'en haut et non d'en bas" (cité dans Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, Ibn Abi-l-Izz al-Hanafî, tome 2 p. 387).<o:p></o:p>
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La formulation exacte de cette riwaya est :
Abû Hanifa (qu’Allah l’agrée), lorsqu’on lui a demandé son avis sur celui qui dit : « Je ne sais pas si Allah est dans le ciel ou sur la terre », a dit : « Il a mécru, parce qu'Allah dit "ar-Rahman ‘ala al-‘arsh istawa". Et Son Trône est au-dessus des sept cieux. » On lui a alors demandé : « Et s'il dit qu'Allah est sur le Trône mais qu’il ne sait pas si le Trône est dans le ciel ou sur la terre ? » Il a dit, « il a mécru, parce qu'il a nié qu'Il est dans le ciel. Et quiconque nie qu'Il est dans le ciel n'a pas cru. »
Elle est différente de la riwaya la plus répandue et la plus établie de cette parole, celle qui est retenue par les savants hanafites, à savoir :
« Celui qui dit, "je ne sais pas si mon Seigneur est dans le ciel ou sur terre » est un mécréant et, de la même manière, celui qui dit, "Il est sur le Trône et je ne sais pas si le Trône est dans le ciel ou sur terre" est un mécréant. »
L’imam al-Kawthari a signalé dans son édition du fiqh al-absat et dans son introduction de ishârât al-marâm (page 6) que certaines versions du fiqh al-absat comprenaient des interpolations anthropomorphistes et avaient manifestement subi des falsifications des mains de ces derniers.
2) Deuxièmement, toutes les riwayat de cette parole (que cela soit la riwaya utilisée par les wahabites ou celle retenue par les autorités hanafites) passent par Abu Muti` al-Hakam ibn `Abd Allah al-Balkhi qui a été critiqué et rejeté par l’ensemble des spécialistes de jahr wa ta’dil (critique des narrateurs).
Ibn Hajar al-Asqalani (m. 852 h) a mentionné ce qui suit dans son fameux ouvrage Lisan al-Mizan (volume 2 page 407) au sujet de ce transmetteur :
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<TABLE class=MsoNormalTable style="WIDTH: 100%; mso-cellspacing: 0cm; mso-padding-alt: 4.5pt 4.5pt 4.5pt 4.5pt" cellSpacing=0 cellPadding=0 width="100%" border=0><TBODY><TR style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-lastrow: yes"><TD style="BORDER-RIGHT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-RIGHT: 4.5pt; BORDER-TOP: #ece9d8 1pt inset; PADDING-LEFT: 4.5pt; BACKGROUND: #f6feec; PADDING-BOTTOM: 4.5pt; BORDER-LEFT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-TOP: 4.5pt; BORDER-BOTTOM: #ece9d8 1pt inset; mso-border-alt: inset windowtext .75pt">الحكم بن عبد الله بن مسلم أبو مطيع البلخي الخراساني الفقيه صاحب أبي حنيفة رحمه الله تعالى عن بن عون وهشام بن حسان وعنه أحمد بن منيع وخلاد بن أسلم الصفار وجماعة تفقه به أهل تلك الديار وكان بصيرا بالرأي علامة كبير الشأن ولكنه واه في ضبط الأثر وكان بن المبارك يعظمه ويجله لدينه وعلمه قال بن معين ليس بشيء وقال مرة ضعيف وقال البخاري ضعيف صاحب رأي وقال النسائي ضعيف وقال بن الجوزي في الضعفاء الحكم بن عبد الله بن سلمة أبو مطيع الخراساني القاضي يروي عن إبراهيم بن طهمان وأبي حنيفة ومالك قال أحمد لا ينبغي أن يروي عنه بشيء وقال أبو داود تركوا حديثه وكان جهميا وقال بن عدي هو بين الضعف عامة ما يرويه لا يتابع عليه قال بن حبان كان من رؤساء المرجية ممن يبغض السنن ومنتحليها وقال العقيلي حدثنا عبد الله بن أحمد سألت أبي عن أبي مطيع البلخي فقال لا ينبغي أن يروى عنه حكوا عنه أنه يقول الجنة والنار خلقتا فستفنيان وهذا كلام جهم وقال محمد بن الفضل البلخي سمعت عبد الله بن محمد العابدي يقول جاءه كتاب يعني من الخليفة وفيه لولي العهد وآتيناه الحكم صبيا ليقرأ فسمع أبو مطيع فدخل على الوالي فقال بلغ من خطر الدنيا أنا نكفر بسببها فكرر مرارا حتى بكى الأمير وقال إني معك ولكني لا أجتري بالكلام فتكلم وكن مني آمنا فذهب يوم الجمعة فارتقى المنبر ثم قال يا معشر المسلمين وأخذ بلحيته وبكى وقال قد بلغ من خطر الدنيا أن نجر إلى الكفر من قال وآتيناه الحكم صبيا غير يحيى فهو كافر قال فرج أهل المسجد بالبكاء وهربا اللذان قدما بالكتاب قال بن عدي حدثنا عبيد بن محمد السرخسي ثنا محمد بن القاسم البلخي ثنا أبو مطيع ثنا عمر بن ذر عن مجاهد عن بن عمر رضى الله تعالى عنهما مرفوعا إذا جلست المرأة في الصلاة وضعت فخذها على فخذها الأخرى وإذا سجدت ألصقت بطنها على فخذيها كأستر ما يكون لها فإن الله ينظر إليها ويقول يا ملائكتي أشهدكم أني قد غفرت لها وبه عن مجاهد عن عبد الله بن عمرو رضى الله تعالى عنهما مرفوعا ليأتين على الناس زمان يجتمعون في المساجد ويصلون وما فيهم مؤمن وإذا أكلوا الربو وشرفوا البناء الحديث وله عن حماد بن سلمة عن أبي المهزم عن أبي هريرة رضى الله تعالى عنه أن وفد ثقيف سألوا النبي صلى الله عليه وسلم عن الإيمان هل يزيد وينقص فقال لا زيادته كفر ونقصانه شرك ولي أبو مطيع قضاء بلخ ومات سنة تسع وتسعين ومائة عن أربع وثمانين سنة انتهى وقال أبو حاتم الرازي كان مرجئا كذابا وقال بن سعد كان مرجئا وهو ضعيف عندهم في الحديث وكان مكفوفا وقال الساجي ترك لرأيه واتهمه قال العقيلي كان مرجئا صالحا في الحديث إلا أن أهل السنة أمسكوا عن الرواية عنه وقال الجوزقاني كان أبو مطيع من رؤساء المرجئة ممن يضع الحديث ويبغض السنن وقال محمود بن غيلان ضرب بن معين وأبو خيثمة على اسمه وأسقطوه وهو كبير المحل عند الحنفية روى عنه محمد بن مقاتل وموسى بن نصر وكانا يجلانه وقال الخليلي في الإرشاد كان على قضاء بلخ وكان الحفاظ من أهل العراق وبلخ لا يرضونه وقد جزم الذهبي بأنه وضع حديثا فينظر من ترجمة عثمان بن عبد الله الأموي <o:p></o:p>
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Un petit essai de traduction insha Allah, pour gagner du temps je ne vais mettre que les critiques par les huffaz et délaisser les anecdotes à son sujet :
Abu Muti` al-Hakam ibn `Abd Allah Ibn Muslim al-Balkhi al-Khurasani.
C’est un faqih, un des élèves d’Abou Hanifa.
Parmi les gens qui ont pris de lui le fiqh, il y a Ibn ‘Awn, Hicham Ibn Hassan, Ahmad Ibn Mani’, Khalad Ibn Aslam as-Safar, et d’autres.
Les gens de cette région ont pris le fiqh de lui et il était spécialisé dans le raisonnement par analogie mais il était très faible dans la mémorisation des ahadith.
Ibn Moubarak le respectait beaucoup, pas à cause du hadith mais parce qu’il était très croyant et très pieux.
Ibn Ma’in (le plus grand spécialiste de la science de la critique des narrateurs de hadith) a dit en parlant de al-Balkhi : « Il n’est rien » (c’est-à-dire que ce qu’il nous rapporte n’est pas pris en considération). Et une autre fois Ibn Ma’in a dit de lui « Il est faible ».
L’Imam al-Bukhari, en parlant de al-Balkhi a dit : « Il est très faible. il parlait beaucoup avec analogie. »
L’Imam an-Nasa’i a dit aussi de al-Balkhi : « Il est très faible ».
Ibn al-Jawzi dans son livre adh-dhou’afa a dit de al-Balkhi : « Il nous rapporte des textes d’Ibrahim Abou Tahman, d’Abu Hanifa et de Malik. »
L’Imam Ahmad a dit de lui : « Il ne faut pas rapporter de lui quoique ce soit »
Abu Dawud a dit au sujet de al-Balkhi : « Les grands spécialistes du hadith ont délaissé ce qu’il rapporte comme hadiths, et il épousait des avis de la croyance Jahmite. »
Ibn ‘Adi a dit de lui : « Il est parmi les faibles, ce qu’il dit n’est pas pris en considération ».
Ibn Hibban a dit de lui : « Il était l’un des principaux porteurs des idées des murji’ites, des gens qui avait un problème avec les hadiths (qui ne croyaient pas aux hadiths) ».
Al ‘Uqayli rapporte qu’il a entendu que Abdullah, le fils de Ahmad Ibn Hanbal dire : « j’ai posé une question à mon père sur al-Balkhi, et il m’a répondu : "Il ne faut pas prendre en considération quoique ce soit de lui car on rapporte aussi de lui qu’il dit que le paradis et l’enfer ont une fin et c’est l’avis de Jahm (la tête des jahmites)." »
Abu Hatim ar-Razi rapporte que al-Balkhi était un murji’ite et un menteur.
Ibn Sa’ad a dit : « Il était de la secte des murji’ites, il est très faible et il était aveugle. Il a été délaissé car il pratiquait beaucoup le raisonnement par analogie. Il le favorisait par rapport à la science du hadith. »
L’imam al ‘Ukili dit « Il fait partie de la secte des murji’ites mais il était pieux. Il rapportait des hadiths, mais les sunnites ne prennent pas en considération ce qu’il nous rapporte de hadiths. »
L’imam al-Juzqani a dit à propos d’Abu Muti` « Il était l’une des têtes de la secte des murjiites, il attribuait lui-même des hadiths mensongers sur le prophète et il n’aimait pas la sounna. »
Mahmud Ibn Raylan a dit : « L’imam Ibn Ma’in et Abou khayfama ont mis une croix sur son nom Ils l’ont enlevé de la liste des gens dont on peut prendre le hadith, bien qu’il ait une position importante chez les hanafites. »
Parmi ceux qui ont rapporté de balkhi, il y a Mouhammad Ibn Muqatil et Musa Ibn Nasr et ils le respectaient énormément.
Al-Khalili a dit dans son livre al-irshad : « Il était un des qadis de la ville de Balakh et les huffaz de la ville d’Irak et de Balakh ne l’aimaient pas. »
L’imam adh-Dhahabi a dit « Il a lui-même fabriqué un hadith. ».
On voit que tous les grands spécialistes du jahr wa ta’dil le rejettent et que même l’Imam adh-Dhahabi (m. 748 h), qui rapporte sa parole dans kitab al-‘uluw, le considère comme un fabricateur de hadith.
Il y a en effet beaucoup de récits très problématiques dans ce livre, raison pour laquelle Sheikh al-Albani a supprimé de son moukhtasar plus de la moitié de l’ouvrage (300 pages au lieu de plus de 600), car on trouve dans l’édition intégrale (publiée et annotée par Hasan as-Saqqaf) des paroles tellement graves que même les wahabites ne les disent pas. On trouve également beaucoup de paroles comme celles-ci rapportées par des narrateurs qui sont rejetés par adh-Dhahabi lui-même dans ses autres ouvrages.
On peut d’ailleurs signaler , à titre d’anecdote, que dans son introduction au livre, le muhaddith contemporain Hasan as-Saqqaf a rapporté des arguments démontrant que adh-Dhahabi, qui avait écrit ce livre dans sa jeunesse, l’avait renié par la suite.
Il dit notamment qu’il est rapporté par le hafiz Ibn Nasir ad-Din al-Dimashqi (m. 842 h) qu’il est écrit avec la propre écriture d’adh-Dhahabi sur la page de garde de l’original du kitab al-‘uluw :
« J’ai réalisé que ce livre contient des narrations infondées et des paroles de nombreuses personnes qui ont parlé de manière inconsidérée, et par conséquent je n’adhère par à ces expressions et ne suis pas les gens qui les ont dîtes - qu’Allah leur pardonne - ni ne considère qu’il s’impose à moi de les accepter aussi longtemps que je vivrais, et ceci est ma ferme conviction, et je sais au sujet d’Allah qu’il n’y a rien qui soit tel que Lui ».
3) Troisièmement, cette narration comme on l’a dit a été rapporté seulement par Abu Muti’ al-Balkhi : aucun autre élève d’Abu Hanifa ne rapporte qu’il ait dit une telle chose. Si on prend cette parole dans le sens où la comprend Anas Ahmed Lala et les wahabites, elle contredit ce qui est rapporté de manière sûre de l’imam Abou Hanifa.
L’imam at-Tahawi (m. 321 h) dans sa ‘aqida, reconnue par tous comme authentique et représentant la croyance d’Abu Hanifa et de ses 2 compagnons, Abu Yusuf et Muhammad ash-Shaybani, dit au point 38 :
« Il est exempt de toutes délimitations, de réductions, d'éléments, de membres et d'organes. A la différence de l'ensemble des créatures, aucune des six orientations spatiales ne le contient. »
On trouve également des propos allant dans le même sens dans les 2 ouvrages de l’imam Abu Hanifa les plus retenus.
Il nie qu’Allah soit un corps et qu’Il ait des limites dans la version la plus longue de son fiqh al-akbar :
« Il est une entité incomparable aux autres entités. Entité signifie son affirmation sans corps, ni substance et sans accident.
Il n'a pas de limite, ni de contraire, ni de semblable, ni de pareil. »
Dans sa wasiyya, l’imam Abu Hanifa nie la localisation au sujet d’Allah :
« S'il avait été dans un endroit et avait eu besoin de s'asseoir et de se reposer avant de créer le trône, alors la question "Où était Allah ?" se serait appliquée à lui, ce qui est impossible… Nous affirmons qu'Allah est établi (istawa) sur le trône sans avoir besoin (haja) de celui-ci, et sans installation (istiqrar) au dessus de celui-ci, car Il est Celui qui préserve le Trône et les autres [créatures] sans avoir besoin d'aucune d'entre elles. »
(Abu Hanifa, Wasiyyat al-imam al-a`zam Abu Hanifa, ed. Fu'ad `Ali Rida (Beyrouth : Maktabat al-Jamahir, 1970, page 10.)
Par ailleurs, un autre passage du fiqh al-absat - bien que cet ouvrage ne soit pas authentifique comme on l’a dit - va également dans le même sens ; et si on retenait la compréhension des wahabites, cela poserait le problème de la contradiction interne au sein de l’ouvrage :
« Si quelqu'un dit "Où est Allah ?", la réponse qui lui est donnée est qu'Allah existait quand il n'y avait aucun "où", aucune création, rien ! Et il est le créateur de toute chose ! »,
4) Pour toutes ces raisons, aucun des grands savants hanafites qui ont commenté cette parole ne l’a interprétée de la manière dont la comprennent les salafis.
Comme on l’a dit la chaîne de transmission est très faible, mais, disent ces savants, même si on considérait que l’imam Abu Hanifa ait vraiment tenu ces propos, la parole « Celui qui dit, "je ne sais pas si mon Seigneur est dans le ciel ou sur terre » est un mécréant et, de la même manière, celui qui dit, "Il est sur le Trône et je ne sais pas si le Trône est dans le ciel ou sur terre" est un mécréant. », devrait être comprise autrement. Et ils se sont basés pour cela sur la position d’Abu Hanifa établie dans les citations précédentes.
L’imam Abu Mansur al-Maturidi (l’imam de référence des hanafites dans la croyance, m. 333 h) a dit dans son sharh de la version la plus courte de fiqh al-akbar :
« La raison est que par de tels mots il suggère un endroit pour Allah et c'est de l'idolâtrie. »
(al-Maturidi, Sharh al-Fiqh al-akbar dans Majmu`at rasa'il, Hyderabad: Matba`at majlis da'irat al-Ma`arif al-Nizamiyya, 1321/1903).
(Précisons que, bien que ce sharh soit attribué nominément à al-Maturidi, certains ont dit que l'auteur n'était non pas l’imam al-Maturidi mais une autre des principales autorités hanafites tant dans le fiqh que dans la croyance, à savoir son élève l’imam Abu al-Layth al-Samarqandî)
Al-Bayadi (grand savant hanafite de Syrie, m. 1098 h) a dit dans Ishârât al-Marâm min 3ibârât al-imâm :
« C'est parce que cela implique que le créateur ait une direction et une limite, et toute chose qui possède une direction et une limite est nécessairement créée. Ainsi cette parole attribue explicitement l'imperfection à Allah le Très Haut. Celui qui croit en la corporalité et la direction [divines] est quelqu'un qui nie l'existence de toute chose en dehors des objets qui peuvent être indiqués par les sens. Ils nient ainsi l'Essence de la divinité qui est transcendante au delà de cela. Ceci les rend catégoriquement coupables de mécréance. »
(cité dans al-Kawthari, "Khuturat al-Qawl bi al-Jiha" ["la gravité de la doctrine qui attribue la direction [à Allah le Très Haut] »] dans ses Maqalat, pages 368-369)
Voir également ce qu’en dit Mulla Ali al-Qari, avec les notes de Shaykh Wahbi Ghawiji extrait de son Minah al-Rawd al-Azhar fi Sharh al-Fiqh al-Akbar (page 333) :
« La réponse est que le sheikh al-imam Ibn Abdessalam dans son livre hal al-rumuz a dit :
"L’imam Abu Hanifa (rahmatoullah alayhi) a dit que celui qui dit ‘je ne sais pas si Allah est dans le ciel ou sur la terre’ a mécru car cette parole implique que al-Haqq, Allah (ta’ala), ait un endroit. Et celui qui donne un endroit à Allah (ta’ala) il est parmi les mushabbiha (les anthropomorphistes)."
Il n’y a aucun doute qu’Ibn Abdessalam fait partie des savants respectés, reconnus et dignes de confiance. »
L’imam al-‘Izz Ibn Abdessalam (m. 660 h) est un monument malheureusement méconnu à notre époque, un grand savant shafi’ite du 7e siècle de l’hégire, surnommé as-sultan al-‘ulama (le roi des savants). L’imam an-Nawawi (m. 676 h) a parlé de lui en ces termes : « le Shaykh, l'Imâm, dont l'autorité, la grandeur, le rang et l’intelligence dans toutes sortes de sciences islamiques font l'unanimité, Abû Muhammad ‘Abd al-‘Aziz ibn ‘Abd al-Salâm ». (cf Al-Nawawî, Tahdhîb al-Asmâ' wal-Lughât volume 3 page 20)
Cette compréhension confirme ce que rapporte al-Hafiz al-Iraqi (m. 806 h, le mujaddid du 8e siècle de l’hégire en science du hadith et le professeur de l’imam Ibn Hajar al-Asqalani) au sujet de l’imam Abu Hanifa.
Mullah Ali al-Qari (m. 1014 h) dit (en commentaire du hadith de la descente) :
« Nous savons que Malik et al-Awza'i, qui sont parmi les meilleurs des premiers musulmans, ont tous deux donné une interprétation métaphorique détaillée à ce hadith… Un autre d’entre eux était Ja'far al-Sadiq. Il est vrai que bon nombre d’entre eux [les premiers musulmans], ainsi que des savants ultérieurs, ont dit que quiconque croit qu’Allah est dans une direction physique précise est un mécréant, comme l'affirme explicitement al-Iraqi, en disant que c'était la position de Abu Hanifa, Malik, al-Shafi’i, al-Ash'ari et al-Baqillani. »
(Mullah Ali al-Qari, Mirqat al-mafatih: sharh Mishkat al-masabih. 5 vols. Le Caire 1309/1892. Edition. Beyrouth : Dar Ihya al-Turath al-Arabi, n.d., 2.137).<o:p></o:p>
wallahou 'alam
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L'imam as-Subki a indiqué dans ses tabaqat ash-shafi'iyya que les anthropomorphistes sont, parmi toutes les sectes, les plus connus pour leurs falsifications.<o:p></o:p>
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Afin d’appuyer leur doctrine, ils n’ont pas hésité à fabriquer de toutes pièces des paroles allant de leur sens et à les attribuer aux grands savants de l’islam.<o:p></o:p>
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De nos jours, les wahabites sont très heureux de pouvoir puiser dans ce réservoir inépuisable de textes falsifiés pour légitimer leur croyance.<o:p></o:p>
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On peut ainsi facilement trouver sur le net des compilations de citations anthropomorphistes mensongèrement attribuées aux grands savants sunnites, en particulier ceux du salaf.<o:p></o:p>
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Afin d’avoir une idée plus claire de ce phénomène, on va se pencher plus particulièrement sur une parole de ce genre qui est attribuée à l’imam Abou Hanifa.<o:p></o:p>
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Le plus étonnant, c’est que cette parole n’est pas seulement défendue par les wahabites, mais qu’on la retrouve sur des sites prétendument hanafites, comme celui d’Anas Ahmed Lala.<o:p></o:p>
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Ce site pose effectivement un gros problème sur le net francophone. L’auteur se dit hanafite, et a parfois d’excellents articles selon le rite hanafite, mais dévie de la position hanafite (voire sunnite) sans l’indiquer dès qu’il s’agit d’un sujet où il y a une controverse entre hanafites et wahabites, et ce afin de prendre position en faveur de l’avis wahabite.<o:p></o:p>
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Voyons donc ce qu’il a à dire sur le sujet.<o:p></o:p>
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Il convient tout d’abord de toucher un mot sur la référence qui est donnée.<o:p></o:p>
Ibn Abi al-‘Izz (m. 792 h) n’est en effet même pas reconnu comme un hanafite par les grands savants hanafites. Et même s’il était vraiment hanafite, il n’est aucunement considéré comme une référence chez eux.
L’imam hanafite de son temps, Mulla Ali al-Qari (m. 1014 h) a dit de lui dans son sharh du fiqh al-akbar de l’imam Abou Hanifa (page 172) :
« Il est le partisan d’un madhhab infondé suivant un groupe d’innovateurs. »
L’assistant du dernier sheikh al-islam ottoman, considéré comme le mujaddid du 14e siècle de l’hégire par l’imam Abou Zahra, l’imam Mohammed Zahid al-Kawthari (m. 1371 h) a dit de lui :
« Un commentaire a été publié [sur la `Aqida Tahawiyya], écrit par un inconnu mensongèrement affilié à l'école hanafite, mais dont l'ouvrage proclame son ignorance de la discipline et le fait qu'il est un anthropomorphiste qui a perdu sa boussole. »
(Al-Kawthari, al-Hawi fi Sira al-Imam al-Tahawi, page 38)
On a donc un rejet clair de l’appartenance de cet individu au rite hanafite par 2 monuments du madhhab hanafi et du hadith.
Par ailleurs, ce récit (qui est tiré de fiqh al-absat) pose plusieurs problèmes.
1) Premièrement, cette parole de l’imam Abu Hanifa existe en plusieurs variantes.<o:p></o:p>
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Anas Ahmed Lala rapporte (ou plutôt paraphrase) la riwaya qui est citée par Ibn Abi al-Izz dans son sharh de la tahawiyya et adh-Dhahabi dans kitab al-‘uluw :
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<TABLE class=MsoNormalTable style="WIDTH: 100%; mso-cellspacing: 0cm; mso-padding-alt: 4.5pt 4.5pt 4.5pt 4.5pt" cellSpacing=0 cellPadding=0 width="100%" border=0><TBODY><TR style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-lastrow: yes"><TD style="BORDER-RIGHT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-RIGHT: 4.5pt; BORDER-TOP: #ece9d8 1pt inset; PADDING-LEFT: 4.5pt; BACKGROUND: #f6feec; PADDING-BOTTOM: 4.5pt; BORDER-LEFT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-TOP: 4.5pt; BORDER-BOTTOM: #ece9d8 1pt inset; mso-border-alt: inset windowtext .75pt">Abû Mutî' al-Balkhî questionna Abû Hanîfa au sujet du musulman qui dirait ne pas savoir où considérer Dieu. Abû Hanîfa répondit qu'un musulman ne pouvait dire cela, [I]"car Dieu a dit : "Le Miséricordieux, sur le Trône s'est établi" [Coran 20/5] ; or Son Trône est au-dessus de sept cieux" ; il dit aussi qu'un musulman ne pouvait dire qu'il ne sait pas si Dieu est dans la direction du haut, car "Dieu est invoqué d'en haut et non d'en bas" (cité dans Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, Ibn Abi-l-Izz al-Hanafî, tome 2 p. 387).<o:p></o:p>
</TD></TR></TBODY></TABLE>
La formulation exacte de cette riwaya est :
Abû Hanifa (qu’Allah l’agrée), lorsqu’on lui a demandé son avis sur celui qui dit : « Je ne sais pas si Allah est dans le ciel ou sur la terre », a dit : « Il a mécru, parce qu'Allah dit "ar-Rahman ‘ala al-‘arsh istawa". Et Son Trône est au-dessus des sept cieux. » On lui a alors demandé : « Et s'il dit qu'Allah est sur le Trône mais qu’il ne sait pas si le Trône est dans le ciel ou sur la terre ? » Il a dit, « il a mécru, parce qu'il a nié qu'Il est dans le ciel. Et quiconque nie qu'Il est dans le ciel n'a pas cru. »
Elle est différente de la riwaya la plus répandue et la plus établie de cette parole, celle qui est retenue par les savants hanafites, à savoir :
« Celui qui dit, "je ne sais pas si mon Seigneur est dans le ciel ou sur terre » est un mécréant et, de la même manière, celui qui dit, "Il est sur le Trône et je ne sais pas si le Trône est dans le ciel ou sur terre" est un mécréant. »
L’imam al-Kawthari a signalé dans son édition du fiqh al-absat et dans son introduction de ishârât al-marâm (page 6) que certaines versions du fiqh al-absat comprenaient des interpolations anthropomorphistes et avaient manifestement subi des falsifications des mains de ces derniers.
2) Deuxièmement, toutes les riwayat de cette parole (que cela soit la riwaya utilisée par les wahabites ou celle retenue par les autorités hanafites) passent par Abu Muti` al-Hakam ibn `Abd Allah al-Balkhi qui a été critiqué et rejeté par l’ensemble des spécialistes de jahr wa ta’dil (critique des narrateurs).
Ibn Hajar al-Asqalani (m. 852 h) a mentionné ce qui suit dans son fameux ouvrage Lisan al-Mizan (volume 2 page 407) au sujet de ce transmetteur :
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<TABLE class=MsoNormalTable style="WIDTH: 100%; mso-cellspacing: 0cm; mso-padding-alt: 4.5pt 4.5pt 4.5pt 4.5pt" cellSpacing=0 cellPadding=0 width="100%" border=0><TBODY><TR style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-lastrow: yes"><TD style="BORDER-RIGHT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-RIGHT: 4.5pt; BORDER-TOP: #ece9d8 1pt inset; PADDING-LEFT: 4.5pt; BACKGROUND: #f6feec; PADDING-BOTTOM: 4.5pt; BORDER-LEFT: #ece9d8 1pt inset; PADDING-TOP: 4.5pt; BORDER-BOTTOM: #ece9d8 1pt inset; mso-border-alt: inset windowtext .75pt">الحكم بن عبد الله بن مسلم أبو مطيع البلخي الخراساني الفقيه صاحب أبي حنيفة رحمه الله تعالى عن بن عون وهشام بن حسان وعنه أحمد بن منيع وخلاد بن أسلم الصفار وجماعة تفقه به أهل تلك الديار وكان بصيرا بالرأي علامة كبير الشأن ولكنه واه في ضبط الأثر وكان بن المبارك يعظمه ويجله لدينه وعلمه قال بن معين ليس بشيء وقال مرة ضعيف وقال البخاري ضعيف صاحب رأي وقال النسائي ضعيف وقال بن الجوزي في الضعفاء الحكم بن عبد الله بن سلمة أبو مطيع الخراساني القاضي يروي عن إبراهيم بن طهمان وأبي حنيفة ومالك قال أحمد لا ينبغي أن يروي عنه بشيء وقال أبو داود تركوا حديثه وكان جهميا وقال بن عدي هو بين الضعف عامة ما يرويه لا يتابع عليه قال بن حبان كان من رؤساء المرجية ممن يبغض السنن ومنتحليها وقال العقيلي حدثنا عبد الله بن أحمد سألت أبي عن أبي مطيع البلخي فقال لا ينبغي أن يروى عنه حكوا عنه أنه يقول الجنة والنار خلقتا فستفنيان وهذا كلام جهم وقال محمد بن الفضل البلخي سمعت عبد الله بن محمد العابدي يقول جاءه كتاب يعني من الخليفة وفيه لولي العهد وآتيناه الحكم صبيا ليقرأ فسمع أبو مطيع فدخل على الوالي فقال بلغ من خطر الدنيا أنا نكفر بسببها فكرر مرارا حتى بكى الأمير وقال إني معك ولكني لا أجتري بالكلام فتكلم وكن مني آمنا فذهب يوم الجمعة فارتقى المنبر ثم قال يا معشر المسلمين وأخذ بلحيته وبكى وقال قد بلغ من خطر الدنيا أن نجر إلى الكفر من قال وآتيناه الحكم صبيا غير يحيى فهو كافر قال فرج أهل المسجد بالبكاء وهربا اللذان قدما بالكتاب قال بن عدي حدثنا عبيد بن محمد السرخسي ثنا محمد بن القاسم البلخي ثنا أبو مطيع ثنا عمر بن ذر عن مجاهد عن بن عمر رضى الله تعالى عنهما مرفوعا إذا جلست المرأة في الصلاة وضعت فخذها على فخذها الأخرى وإذا سجدت ألصقت بطنها على فخذيها كأستر ما يكون لها فإن الله ينظر إليها ويقول يا ملائكتي أشهدكم أني قد غفرت لها وبه عن مجاهد عن عبد الله بن عمرو رضى الله تعالى عنهما مرفوعا ليأتين على الناس زمان يجتمعون في المساجد ويصلون وما فيهم مؤمن وإذا أكلوا الربو وشرفوا البناء الحديث وله عن حماد بن سلمة عن أبي المهزم عن أبي هريرة رضى الله تعالى عنه أن وفد ثقيف سألوا النبي صلى الله عليه وسلم عن الإيمان هل يزيد وينقص فقال لا زيادته كفر ونقصانه شرك ولي أبو مطيع قضاء بلخ ومات سنة تسع وتسعين ومائة عن أربع وثمانين سنة انتهى وقال أبو حاتم الرازي كان مرجئا كذابا وقال بن سعد كان مرجئا وهو ضعيف عندهم في الحديث وكان مكفوفا وقال الساجي ترك لرأيه واتهمه قال العقيلي كان مرجئا صالحا في الحديث إلا أن أهل السنة أمسكوا عن الرواية عنه وقال الجوزقاني كان أبو مطيع من رؤساء المرجئة ممن يضع الحديث ويبغض السنن وقال محمود بن غيلان ضرب بن معين وأبو خيثمة على اسمه وأسقطوه وهو كبير المحل عند الحنفية روى عنه محمد بن مقاتل وموسى بن نصر وكانا يجلانه وقال الخليلي في الإرشاد كان على قضاء بلخ وكان الحفاظ من أهل العراق وبلخ لا يرضونه وقد جزم الذهبي بأنه وضع حديثا فينظر من ترجمة عثمان بن عبد الله الأموي <o:p></o:p>
</TD></TR></TBODY></TABLE>
Un petit essai de traduction insha Allah, pour gagner du temps je ne vais mettre que les critiques par les huffaz et délaisser les anecdotes à son sujet :
Abu Muti` al-Hakam ibn `Abd Allah Ibn Muslim al-Balkhi al-Khurasani.
C’est un faqih, un des élèves d’Abou Hanifa.
Parmi les gens qui ont pris de lui le fiqh, il y a Ibn ‘Awn, Hicham Ibn Hassan, Ahmad Ibn Mani’, Khalad Ibn Aslam as-Safar, et d’autres.
Les gens de cette région ont pris le fiqh de lui et il était spécialisé dans le raisonnement par analogie mais il était très faible dans la mémorisation des ahadith.
Ibn Moubarak le respectait beaucoup, pas à cause du hadith mais parce qu’il était très croyant et très pieux.
Ibn Ma’in (le plus grand spécialiste de la science de la critique des narrateurs de hadith) a dit en parlant de al-Balkhi : « Il n’est rien » (c’est-à-dire que ce qu’il nous rapporte n’est pas pris en considération). Et une autre fois Ibn Ma’in a dit de lui « Il est faible ».
L’Imam al-Bukhari, en parlant de al-Balkhi a dit : « Il est très faible. il parlait beaucoup avec analogie. »
L’Imam an-Nasa’i a dit aussi de al-Balkhi : « Il est très faible ».
Ibn al-Jawzi dans son livre adh-dhou’afa a dit de al-Balkhi : « Il nous rapporte des textes d’Ibrahim Abou Tahman, d’Abu Hanifa et de Malik. »
L’Imam Ahmad a dit de lui : « Il ne faut pas rapporter de lui quoique ce soit »
Abu Dawud a dit au sujet de al-Balkhi : « Les grands spécialistes du hadith ont délaissé ce qu’il rapporte comme hadiths, et il épousait des avis de la croyance Jahmite. »
Ibn ‘Adi a dit de lui : « Il est parmi les faibles, ce qu’il dit n’est pas pris en considération ».
Ibn Hibban a dit de lui : « Il était l’un des principaux porteurs des idées des murji’ites, des gens qui avait un problème avec les hadiths (qui ne croyaient pas aux hadiths) ».
Al ‘Uqayli rapporte qu’il a entendu que Abdullah, le fils de Ahmad Ibn Hanbal dire : « j’ai posé une question à mon père sur al-Balkhi, et il m’a répondu : "Il ne faut pas prendre en considération quoique ce soit de lui car on rapporte aussi de lui qu’il dit que le paradis et l’enfer ont une fin et c’est l’avis de Jahm (la tête des jahmites)." »
Abu Hatim ar-Razi rapporte que al-Balkhi était un murji’ite et un menteur.
Ibn Sa’ad a dit : « Il était de la secte des murji’ites, il est très faible et il était aveugle. Il a été délaissé car il pratiquait beaucoup le raisonnement par analogie. Il le favorisait par rapport à la science du hadith. »
L’imam al ‘Ukili dit « Il fait partie de la secte des murji’ites mais il était pieux. Il rapportait des hadiths, mais les sunnites ne prennent pas en considération ce qu’il nous rapporte de hadiths. »
L’imam al-Juzqani a dit à propos d’Abu Muti` « Il était l’une des têtes de la secte des murjiites, il attribuait lui-même des hadiths mensongers sur le prophète et il n’aimait pas la sounna. »
Mahmud Ibn Raylan a dit : « L’imam Ibn Ma’in et Abou khayfama ont mis une croix sur son nom Ils l’ont enlevé de la liste des gens dont on peut prendre le hadith, bien qu’il ait une position importante chez les hanafites. »
Parmi ceux qui ont rapporté de balkhi, il y a Mouhammad Ibn Muqatil et Musa Ibn Nasr et ils le respectaient énormément.
Al-Khalili a dit dans son livre al-irshad : « Il était un des qadis de la ville de Balakh et les huffaz de la ville d’Irak et de Balakh ne l’aimaient pas. »
L’imam adh-Dhahabi a dit « Il a lui-même fabriqué un hadith. ».
On voit que tous les grands spécialistes du jahr wa ta’dil le rejettent et que même l’Imam adh-Dhahabi (m. 748 h), qui rapporte sa parole dans kitab al-‘uluw, le considère comme un fabricateur de hadith.
Il y a en effet beaucoup de récits très problématiques dans ce livre, raison pour laquelle Sheikh al-Albani a supprimé de son moukhtasar plus de la moitié de l’ouvrage (300 pages au lieu de plus de 600), car on trouve dans l’édition intégrale (publiée et annotée par Hasan as-Saqqaf) des paroles tellement graves que même les wahabites ne les disent pas. On trouve également beaucoup de paroles comme celles-ci rapportées par des narrateurs qui sont rejetés par adh-Dhahabi lui-même dans ses autres ouvrages.
On peut d’ailleurs signaler , à titre d’anecdote, que dans son introduction au livre, le muhaddith contemporain Hasan as-Saqqaf a rapporté des arguments démontrant que adh-Dhahabi, qui avait écrit ce livre dans sa jeunesse, l’avait renié par la suite.
Il dit notamment qu’il est rapporté par le hafiz Ibn Nasir ad-Din al-Dimashqi (m. 842 h) qu’il est écrit avec la propre écriture d’adh-Dhahabi sur la page de garde de l’original du kitab al-‘uluw :
« J’ai réalisé que ce livre contient des narrations infondées et des paroles de nombreuses personnes qui ont parlé de manière inconsidérée, et par conséquent je n’adhère par à ces expressions et ne suis pas les gens qui les ont dîtes - qu’Allah leur pardonne - ni ne considère qu’il s’impose à moi de les accepter aussi longtemps que je vivrais, et ceci est ma ferme conviction, et je sais au sujet d’Allah qu’il n’y a rien qui soit tel que Lui ».
3) Troisièmement, cette narration comme on l’a dit a été rapporté seulement par Abu Muti’ al-Balkhi : aucun autre élève d’Abu Hanifa ne rapporte qu’il ait dit une telle chose. Si on prend cette parole dans le sens où la comprend Anas Ahmed Lala et les wahabites, elle contredit ce qui est rapporté de manière sûre de l’imam Abou Hanifa.
L’imam at-Tahawi (m. 321 h) dans sa ‘aqida, reconnue par tous comme authentique et représentant la croyance d’Abu Hanifa et de ses 2 compagnons, Abu Yusuf et Muhammad ash-Shaybani, dit au point 38 :
« Il est exempt de toutes délimitations, de réductions, d'éléments, de membres et d'organes. A la différence de l'ensemble des créatures, aucune des six orientations spatiales ne le contient. »
On trouve également des propos allant dans le même sens dans les 2 ouvrages de l’imam Abu Hanifa les plus retenus.
Il nie qu’Allah soit un corps et qu’Il ait des limites dans la version la plus longue de son fiqh al-akbar :
« Il est une entité incomparable aux autres entités. Entité signifie son affirmation sans corps, ni substance et sans accident.
Il n'a pas de limite, ni de contraire, ni de semblable, ni de pareil. »
Dans sa wasiyya, l’imam Abu Hanifa nie la localisation au sujet d’Allah :
« S'il avait été dans un endroit et avait eu besoin de s'asseoir et de se reposer avant de créer le trône, alors la question "Où était Allah ?" se serait appliquée à lui, ce qui est impossible… Nous affirmons qu'Allah est établi (istawa) sur le trône sans avoir besoin (haja) de celui-ci, et sans installation (istiqrar) au dessus de celui-ci, car Il est Celui qui préserve le Trône et les autres [créatures] sans avoir besoin d'aucune d'entre elles. »
(Abu Hanifa, Wasiyyat al-imam al-a`zam Abu Hanifa, ed. Fu'ad `Ali Rida (Beyrouth : Maktabat al-Jamahir, 1970, page 10.)
Par ailleurs, un autre passage du fiqh al-absat - bien que cet ouvrage ne soit pas authentifique comme on l’a dit - va également dans le même sens ; et si on retenait la compréhension des wahabites, cela poserait le problème de la contradiction interne au sein de l’ouvrage :
« Si quelqu'un dit "Où est Allah ?", la réponse qui lui est donnée est qu'Allah existait quand il n'y avait aucun "où", aucune création, rien ! Et il est le créateur de toute chose ! »,
4) Pour toutes ces raisons, aucun des grands savants hanafites qui ont commenté cette parole ne l’a interprétée de la manière dont la comprennent les salafis.
Comme on l’a dit la chaîne de transmission est très faible, mais, disent ces savants, même si on considérait que l’imam Abu Hanifa ait vraiment tenu ces propos, la parole « Celui qui dit, "je ne sais pas si mon Seigneur est dans le ciel ou sur terre » est un mécréant et, de la même manière, celui qui dit, "Il est sur le Trône et je ne sais pas si le Trône est dans le ciel ou sur terre" est un mécréant. », devrait être comprise autrement. Et ils se sont basés pour cela sur la position d’Abu Hanifa établie dans les citations précédentes.
L’imam Abu Mansur al-Maturidi (l’imam de référence des hanafites dans la croyance, m. 333 h) a dit dans son sharh de la version la plus courte de fiqh al-akbar :
« La raison est que par de tels mots il suggère un endroit pour Allah et c'est de l'idolâtrie. »
(al-Maturidi, Sharh al-Fiqh al-akbar dans Majmu`at rasa'il, Hyderabad: Matba`at majlis da'irat al-Ma`arif al-Nizamiyya, 1321/1903).
(Précisons que, bien que ce sharh soit attribué nominément à al-Maturidi, certains ont dit que l'auteur n'était non pas l’imam al-Maturidi mais une autre des principales autorités hanafites tant dans le fiqh que dans la croyance, à savoir son élève l’imam Abu al-Layth al-Samarqandî)
Al-Bayadi (grand savant hanafite de Syrie, m. 1098 h) a dit dans Ishârât al-Marâm min 3ibârât al-imâm :
« C'est parce que cela implique que le créateur ait une direction et une limite, et toute chose qui possède une direction et une limite est nécessairement créée. Ainsi cette parole attribue explicitement l'imperfection à Allah le Très Haut. Celui qui croit en la corporalité et la direction [divines] est quelqu'un qui nie l'existence de toute chose en dehors des objets qui peuvent être indiqués par les sens. Ils nient ainsi l'Essence de la divinité qui est transcendante au delà de cela. Ceci les rend catégoriquement coupables de mécréance. »
(cité dans al-Kawthari, "Khuturat al-Qawl bi al-Jiha" ["la gravité de la doctrine qui attribue la direction [à Allah le Très Haut] »] dans ses Maqalat, pages 368-369)
Voir également ce qu’en dit Mulla Ali al-Qari, avec les notes de Shaykh Wahbi Ghawiji extrait de son Minah al-Rawd al-Azhar fi Sharh al-Fiqh al-Akbar (page 333) :
« La réponse est que le sheikh al-imam Ibn Abdessalam dans son livre hal al-rumuz a dit :
"L’imam Abu Hanifa (rahmatoullah alayhi) a dit que celui qui dit ‘je ne sais pas si Allah est dans le ciel ou sur la terre’ a mécru car cette parole implique que al-Haqq, Allah (ta’ala), ait un endroit. Et celui qui donne un endroit à Allah (ta’ala) il est parmi les mushabbiha (les anthropomorphistes)."
Il n’y a aucun doute qu’Ibn Abdessalam fait partie des savants respectés, reconnus et dignes de confiance. »
L’imam al-‘Izz Ibn Abdessalam (m. 660 h) est un monument malheureusement méconnu à notre époque, un grand savant shafi’ite du 7e siècle de l’hégire, surnommé as-sultan al-‘ulama (le roi des savants). L’imam an-Nawawi (m. 676 h) a parlé de lui en ces termes : « le Shaykh, l'Imâm, dont l'autorité, la grandeur, le rang et l’intelligence dans toutes sortes de sciences islamiques font l'unanimité, Abû Muhammad ‘Abd al-‘Aziz ibn ‘Abd al-Salâm ». (cf Al-Nawawî, Tahdhîb al-Asmâ' wal-Lughât volume 3 page 20)
Cette compréhension confirme ce que rapporte al-Hafiz al-Iraqi (m. 806 h, le mujaddid du 8e siècle de l’hégire en science du hadith et le professeur de l’imam Ibn Hajar al-Asqalani) au sujet de l’imam Abu Hanifa.
Mullah Ali al-Qari (m. 1014 h) dit (en commentaire du hadith de la descente) :
« Nous savons que Malik et al-Awza'i, qui sont parmi les meilleurs des premiers musulmans, ont tous deux donné une interprétation métaphorique détaillée à ce hadith… Un autre d’entre eux était Ja'far al-Sadiq. Il est vrai que bon nombre d’entre eux [les premiers musulmans], ainsi que des savants ultérieurs, ont dit que quiconque croit qu’Allah est dans une direction physique précise est un mécréant, comme l'affirme explicitement al-Iraqi, en disant que c'était la position de Abu Hanifa, Malik, al-Shafi’i, al-Ash'ari et al-Baqillani. »
(Mullah Ali al-Qari, Mirqat al-mafatih: sharh Mishkat al-masabih. 5 vols. Le Caire 1309/1892. Edition. Beyrouth : Dar Ihya al-Turath al-Arabi, n.d., 2.137).<o:p></o:p>
wallahou 'alam