abder_rahman
22/06/2007, 23h30
As salamou 'aleykoum wa rahamatoullahi wa barakatouh,
Le mariage du Prophète avec `Â’ishah et les doutes émis par les orientalistes
<!-- debut_surligneconditionnel -->Question
Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux.
Pourquoi notre maître Muhammad, paix et bénédiction sur lui, a-t-il épousé la Dame `Â’ishah (http://www.islamophile.org/spip/article351.html), que Dieu l’agrée, alors qu’elle n’avait que neuf ans ?
Que Dieu vous récompense.
Réponse du Sheikh Faysal Mawlawî
Premièrement, le mariage du Messager — paix et bénédiction sur lui — avec la Dame `Â’ishah — que Dieu l’agrée — avait été à l’origine suggéré par Khawlah Bint Hakîm. Cela afin de renforcer les liens qui unissaient le Prophète à son ami le plus cher, notre maître Abû Bakr, par le lien robuste de la belle-alliance.
Deuxièmement, la Dame `Â’ishah — que Dieu l’agrée — avait déjà été fiancée à Jubayr Ibn Mut`am Ibn `Adiyy. Elle était donc mature et accomplie du point de vue de sa féminité. La preuve en est qu’elle avait été fiancée avant même la suggestion de Khawlah.
Troisièmement, la tribu de Quraysh qui guettait le Messager — paix et bénédiction sur lui — afin de retourner les gens contre lui à la moindre erreur, à la moindre inattention de sa part, au moindre lapsus, ne fut pas étonnée outre mesure lorsque fut annoncée la nouvelle de la belle-alliance contractée entre les deux compagnons de toujours et les deux plus fidèles amis. Elle accueillit cela comme elle accueillait des choses tout à fait banales.
Quatrièmement, la Dame `Â’ishah — que Dieu l’agrée — n’était pas la première jeune fille de son époque à être mariée à un homme ayant l’âge de son père. Elle n’était pas non plus la dernière. Le vieux `Abd Al-Muttalib avait épousé Hâlah, la cousine de Âminah, le jour même où son fils cadet `Abd Allâh épousa une jeune fille de l’âge de Hâlah, et qui était Âminah Bint Wahb. [1 (http://www.islamophile.org/spip/article439.html#nb1)]
En outre, notre maître `Umar Ibn Al-Khattâb épousa la fille de notre maître `Alî Ibn Abî Tâlib — que Dieu honore sa face — alors qu’il avait l’âge de son grand-père. De la même manière, notre maître `Umar Ibn Al-Khattâb proposa en mariage à notre maître Abû Bakr, sa fille, la jeune Hafsah, alors que la différence d’âge entre les deux était du même ordre que celle qui existait entre le Messager — paix et bénédiction sur lui — et `Â’ishah, que Dieu l’agrée. Cependant, certains orientalistes, ignorant toutes les différences spatio-temporelles, viennent, plus de mille quatre cents ans après ce mariage, polémiquer sur ce qu’ils appellent l’union étrange entre la vieillesse et l’enfance. Ils mesurent à l’aune de leurs passions un mariage contracté à la Mecque avant l’Hégire à ce qui se passe aujourd’hui en Occident, où les jeunes femmes ne se marient pas habituellement avant l’âge de vingt-cinq ans.
Il faut garder à l’esprit que les jeunes filles, dans les régions chaudes, atteignent la maturité à un âge bien plus précoce — huit ans environ — que dans les régions froides, où cet âge peut aller jusqu’à vingt et un ans. Quoiqu’il en soit, le Prophète — paix et bénédiction sur lui — n’épousa pas la Dame `Â’ishah — que Dieu l’agrée — pour la jouissance, lui qui avait alors cinquante-cinq ans. Ce mariage fut contracté afin de renforcer par la belle-alliance les liens qui l’unissaient à l’homme qu’il aimait le plus. Cela est d’autant plus vrai que la responsabilité du message qu’il lui incombait de transmettre était devenue une lourde charge à porter. Il n’avait donc pas le temps de penser à ces choses. Si le Prophète — paix et bénédiction sur lui — était intéressé par les femmes et la jouissance qu’il pourrait en tirer, il aurait fait cela lors de sa jeunesse, alors qu’il n’avait pas la responsabilité du message à supporter et que son âge n’était pas avancé. Au contraire, il était alors dans sa pleine jeunesse virile et en pleine possession de son désir latent.
Cependant, lorsque nous examinons sa jeunesse, nous remarquons qu’il était désintéressé de tout cela. Ainsi accepta-t-il d’épouser la Dame Khadîjah — que Dieu l’agrée — âgée de quarante ans, alors que lui n’en avait que vingt-cinq.
De plus, si les femmes hantaient réellement son esprit, il n’aurait pas accepté cette situation, à savoir ne pas prendre une deuxième épouse, pendant toute cette période, jusqu’à la mort de son épouse Khadîjah. Si son mariage avec elle était une erreur, voici Khadîjah — que Dieu l’agrée — maintenant morte. Qui donc épousa-t-il après elle ? Il épousa après elle Sawdah Bint Zam`ah Al-`Âmiriyyah, afin de la consoler et lui tenir compagnie après la mort de son époux. C’était une femme âgée qui ne possédait rien des attraits enviés par les hommes et les prétendants. Cela montre que le Messager — paix et bénédiction sur lui — recherchait par le mariage des buts humains, législatifs, islamiques, et ainsi de suite.
Par ailleurs, lorsque Khawlah Bint Hakîm lui proposa le mariage avec `Â’ishah, le Messager — paix et bénédiction sur lui — se mit à réfléchir : allait-il refuser la fille d’Abî Bakr ? La longue et dévouée compagnie qui le liait à son ami, l’estime unique en son genre que lui portait le Messager l’empêchèrent de refuser.
Lorsque `Â’ishah — que Dieu l’agrée — arriva dans la maison du Messager — paix et bénédiction sur lui — Sawdah lui céda la première place dans la maison. Obéissante à Dieu et fervente Musulmane, elle veilla à ce que sa nouvelle co-épouse fût parfaitement à l’aise, et ce, jusqu’à sa mort. La Dame `Â’ishah — que Dieu l’agrée — demeura par la suite une épouse fidèle au Messager — paix et bénédiction sur lui. Elle s’instruisit entre ses mains jusqu’à devenir une savante, maîtrisant au plus haut degré la jurisprudence islamique.
L’amour du Messager — paix et bénédiction sur lui — pour la Dame `Â’ishah — que Dieu l’agrée — n’était rien d’autre qu’un prolongement naturel de son amour pour son père Abû Bakr, que Dieu les agrée tous deux.
On demanda au Prophète — paix et bénédiction sur lui : « Quelle est la personne que tu chéris le plus ? » Il répondit : « `Â’ishah. » On demanda : « Et parmi les hommes ? » Il répondit : « Son père. » Telle est la Dame `Â’ishah — que Dieu l’agrée — l’épouse préférée du Messager — paix et bénédiction sur lui — et la personne qu’il chérissait le plus.
Son mariage avec elle ne découlait pas d’un désir charnel ; les motifs de ce mariage tenaient moins à la jouissance conjugale qu’à l’hommage que le Prophète désirait rendre à Abû Bakr, la préférence et le rapprochement qu’il voulait renforcer et l’honneur qu’il souhaitait rendre à sa fille en lui donnant sa place dans la maison de la prophétie.
Et Dieu est Le plus Savant.
<!-- finde_surligneconditionnel -->Notes
<!-- debut_surligneconditionnel -->[1 (http://www.islamophile.org/spip/article439.html#nh1)] Rappelons que `Abd Al-Muttalib est le grand-père du Prophète Mohammad alors que Âminah Bint Wahb est sa mère.
Pourquoi le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a-t-il eu neuf épouses ?
<!-- debut_surligneconditionnel -->Question
Je voudrais savoir pourquoi l’Islam autorise l’homme à prendre quatre épouses, bien qu’il existe des abus dans l’utilisation de ce droit par certains hommes. Pourquoi le Messager, paix et bénédiction sur lui, a-t-il été autorisé à prendre jusqu’à neuf épouses, alors que les autres hommes de sa Communauté sont limités à quatre ?
Réponse du Docteur Yûsuf Al-Qaradâwî
L’autorisation d’avoir quatre épouses et le mauvais usage fait de cette permission
Avant l’avénement de l’Islam, les gens épousaient les femmes qui leur plaisaient sans restriction ni condition. On a ainsi mentionné que David - paix sur lui - possédait trois cents femmes (épouses et concubines) et que Salomon en possédait sept cents.
L’Islam, à son avénement, a imposé une limite à cette polygamie, et il y a posé une condition.
En ce qui concerne la limite, l’Islam a fixé le nombre maximum d’épouses à quatre, nombre qui ne peut en aucun cas être dépassé : « Il est permis d’épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent » [1 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nb1)]. Lorsqu’un homme, de la tribu de Thaqîf, ayant dix femmes, a embrassé l’Islam, le Messager lui a ordonné de choisir quatre parmi elles, puis de divorcer avec les autres.
La condition, quant à elle, correspond à la confiance qu’a l’homme en sa capacité à être équitable. Si cette condition n’est pas remplie, il lui est interdit d’épouser une autre femme : « mais, si vous craignez de n’être pas justes avec celles-ci, alors une seule » [2 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nb2)].
À ceci s’ajoutent naturellement les autres conditions qui doivent être remplies pour n’importe quel mariage : la capacité à entretenir le ménage et la capacité à remplir les devoirs conjugaux.
L’Islam a autorisé la polygamie parce qu’il est une religion réaliste, qui ne plane pas dans des idéaux utopiques, délaissant les problèmes de la vie quotidienne sans remède possible. Le deuxième mariage peut en effet résoudre des problèmes chez l’homme dont l’épouse ne peut avoir d’enfants, ou dont l’épouse a des règles trop longues, alors que lui-même a un puissant instinct sexuel, ou encore celui dont la femme est atteinte d’une maladie chonique mais qui veut rester avec elle, ne souhaitant pas le divorce, etc. Le deuxième mariage peut également résoudre des problèmes chez la veuve qui n’espère pas se remarier avec un jeune homme célibataire. Il en est de même pour la jeune femme divorcée, surtout si elle possède un ou plusieurs enfants. Le deuxième mariage peut enfin résoudre des problèmes au niveau de la société dans son ensemble. C’est le cas lorsque le nombre de femmes aptes au mariage est supérieur au nombre d’hommes aptes au mariage. Cette situation apparaît régulièrement, et est d’autant plus accentuée après les guerres par exemple.
Que pouvons-nous donc faire du surplus de femmes ? Trois possibilités s’offrent à nous :
<LI class=spip>Soit elles passent toute leur vie interdites de vie conjugale et de maternité, ce qui constitue un préjudice pour elles. <LI class=spip>Soit elles satisfont leurs instincts sexuels derrière le dos de la religion et des vertus morales, et cela constitue pour elles une perdition.
Soit elles acceptent d’épouser un homme déjà marié, capable de les entretenir et de préserver leur chasteté, confiant en sa capacité à être équitable envers ses épouses. Et cela est la solution convenable.Pour ce qui est de la mauvaise utilisation de cette permission ou de ce droit, combien de droits sont mal utilisés, et dont la pratique est abusive, sans que cela ne conduise à leur abolition ni à leur annulation ?
Le droit au premier mariage lui-même connaît de nombreux abus, devons-nous donc l’abolir ? Le droit à la liberté, quand bien même serait-il mal utilisé, devons-nous l’abolir ? Le droit de vote, quand bien même serait-il mal utilisé, devons-nous l’abolir ? Le pouvoir, quel qu’il soit, peut être mal utilisé. Devons-nous l’abolir et vivre dans l’anarchie ?
Plutôt que d’appeler à abolir la polygamie, il vaut mieux poser des restrictions à son utilisation, et punir ceux qui abusent de ce droit, dans la mesure du possible.
La sagesse qui réside dans l’exception prophétique
Pourquoi le Messager - paix et bénédiction sur lui - a-t-il conservé neuf épouses, alors qu’il limitait les autres Musulmans à quatre épouses, maximum autorisé pour la polygamie, si bien que le Prophète, paix et bénédiction sur lui, ordonnait à celui qui se convertissait à l’Islam, en ayant dix épouses par exemple, d’en choisir quatre et de se séparer des autres ?
Nous répondons comme suit. En lui accordant ce droit, Dieu le Très-Haut a privilégié Son Messager - paix et bénédiction sur lui - pour une raison et une sagesse connues. En effet, les épouses du Prophète ont des commandements spécifiques et des particularités qui ne concernent pas les autres femmes de la Communauté. Ainsi, parmi ces commandements spécifiques, il leur est interdit de se remarier avec quiconque après le Messager de Dieu — paix et bénédiction sur lui — conformément à ce que dit le Très-Haut : « Vous ne devez pas faire de la peine au Messager de Dieu, ni jamais vous marier avec ses épouses après lui ; ce serait, auprès de Dieu, un énorme péché. » [3 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nb3)]
Or, toute femme divorcée a le droit de se remarier avec n’importe quel Musulman après son divorce. Dieu le Très-Haut les a donc honorées en leur permettant de rester les épouses de Son Prophète. Il s’agit d’une exception et d’une particularité qui ne concernent qu’elles. Parallèlement, le Prophète ne pouvait plus épouser d’autres femmes, ni les quitter pour en épouser d’autres. Leur nombre devait rester tel quel. A ce sujet, le Très-Haut s’adresse à Son Prophète — paix et bénédiction sur lui : « Il ne t’est plus permis désormais de prendre d’autres femmes, ni de changer d’épouses, même si leur beauté te plaît ; - à l’exception de ce que possède ta dextre. Et Dieu observe toute chose. » [4 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nb4)]
De plus, lorsque les épouses du Messager — paix et bénédiction sur lui — ont réclamé une augmentation de leurs revenus pour l’entretien de leur ménage et une amélioration de leur niveau de vie, Dieu — Exalté soit-Il — lui a ordonné de leur donner le choix entre Dieu, Son Messager et la Demeure dernière avec ce que cela implique de privations matérielles et de vie ascétique d’une part et entre un divorce sans préjudice et une séparation convenable d’autre part. Toutes ont préféré Dieu, Son Messager et la Demeure dernière. Ainsi, le Très-Haut dit : « Ô Prophète ! Dis à tes épouses : ‹Si c’est la vie présente que vous désirez et sa parure, alors venez ! Je vous donnerai les moyens d’en jouir et vous libérerai par un divorce sans préjudice. Mais si c’est Dieu que vous voulez et Son Messager ainsi que la Demeure dernière, Dieu a préparé pour les bienfaisantes parmi vous une énorme récompense. » [5 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nb5)]
Si toutes ont choisi Dieu, Son Messager et la Demeure dernière et ont accepté une vie sobre et acsétique avec le Noble Prophète, laquelle d’entre elles le Messager va-t-il quitter ? Gardons à l’esprit que la séparation avec l’une d’elles serait une punition sévère à son encontre, alors qu’elle n’aurait rien commis qui appellât la punition ? Elle serait de surcroît privée de sa qualité de Mère des Croyants.
Pour cette raison, Dieu a accordé cet honneur aux neuf épouses du Prophète, qui ont choisi de vivre avec ce dernier, malgré les rudes conditions de vie et l’insuffisance des ressources. Cette vie était tellement dure que le croissant de lune pouvait apparaître puis réapparaître sans qu’un seul feu ne soit allumé dans les appartements prophétiques. Le Prophète et ses épouses ne subsistaient que sur des dattes et de l’eau.
La sagesse du mariage du Messager avec ses neuf épouses
En ce qui concerne la sagesse à la base du mariage avec ces neuf femmes, il faut savoir qu’elle est connue d’office de toute personne ayant étudié la biographie du Prophète. En effet, chacun de ces mariages a une histoire relatant les raisons pour lesquelles le Prophète l’a contracté. De plus, il était licite à cette époque de se marier autant de fois qu’on le souhaitait. Le présent texte ne nous permet pas d’entrer dans le détail de ces mariages, mais nous allons donner quelques indications qui suffiront pour l’instant.
On sait que le Prophète - paix et bénédiction sur lui - a passé sa jeunesse et une partie de sa vieillesse, jusqu’à cinquante ans, avec une seule femme, plus âgée que lui de quinze ans. Il l’avait épousée alors qu’elle-même avait déjà connu le mariage. Elle possédait en outre des enfants d’autres maris. Malgré cela, ils vécurent tous deux dans le bonheur le plus complet. Après la mort cette première épouse, le Prophète ressentait toujours pour elle de l’amour, en disait du bien, s’égayait à son souvenir. Cela lui valut d’ailleurs la jalousie de sa jeune épouse `Â’ishah (http://www.islamophile.org/spip/article351.html), alors que la première épouse était dans sa tombe.
La première femme que le Prophète épousa après son veuvage était Sawdah Bint Zam`ah. C’était une femme âgée, qui ne se distinguait ni par la jeunesse ni par la beauté. Le Prophète voulu ensuite faire honneur au plus proche de ses Compagnons, Abû Bakr, en épousant sa fille, malgré sa jeunesse. La belle-alliance avec le chef d’une tribu était alors considérée chez les Arabes comme une forme d’honneur et de distinction. Ainsi, le Prophète lui demanda la main de `Â’ishah, alors qu’elle n’était pas encore en âge de se marier. Aussi, ne consomma-t-elle son mariage qu’après des années.
Le Noble Prophète — paix et bénédiction sur lui — épousa ensuite Hafsah Bint `Umar, la fille du deuxième homme le plus proche du Prophète après Abû Bakr. `Umar avait préalablement proposé la main de sa fille à chacun de ses deux amis, Abû Bakr et `Uthmân, qui ne lui donnèrent pas de réponse. Le Prophète — paix et bénédiction sur lui — l’épousa alors, honorant et distinguant ainsi `Umar, comme il l’avait fait auparavant avec Abû Bakr, que Dieu les agrée tous deux.
Ainsi, les quatre Compagnons les plus proches du Prophète — paix et bénédiction sur lui — remportèrent le lien de la belle-alliance avec lui. Entre Abû Bakr, `Umar, `Uthmân et `Alî, les uns lui marièrent leur fille, les autres épousèrent les siennes (`Uthmân et `Alî).
Le Prophète épousé également Umm Salamah, après le martyre de son mari à Uhud. Elle faisait partie des Emigrées (muhâjirât) dans le Sentier de Dieu et de celles qui donnèrent beaucoup pour l’Islam. Le Prophète voulut donc la consoler au sujet de son mari, en lui faisant une place parmi ses épouses. Lorsqu’il demanda sa main, elle s’excusa, prétextant son âge avancé et la charge de ses enfants. Le Prophète lui répondit : « L’âge avancé auquel tu es parvenue, j’y suis parvenu moi aussi et tes enfants sont aussi les miens. »
Il y a ensuite Safiyyah Bint Huyay (http://www.islamophile.org/spip/article354.html), dont le père est Huyay Ibn Akhtab, le célèbre chef juif qui coalisa les tribus païennes contre le Messager de Dieu et qui l’affronta au cours de plusieurs batailles. Le père de Safiyyah était mort, sa famille avait péri. Le Messager - paix et bénédiction sur lui - ne voulu pas l’abandonner à l’un de ses Compagnons. Il l’honora et l’épousa, afin de la réconforter dans sa détresse, et lui faire oublier son malheur.
Il y a également Umm Habîbah : Ramlah, fille de Abû Sufyân Ibn Harb, qui était le chef de la tribu de Quraysh et le commandant de l’armée qurayshite à la bataille de Uhud contre le Prophète, et à la bataille des Coalisés. Umm Habîbah s’était convertie à l’Islam et avait émigré en Abyssinie avec son époux. Ce dernier céda alors à la débauche : il finit par délaisser son épouse et apostasier, que Dieu nous en préserve. Le Messager voulut alors la consoler de ce malheur dont son mari l’avait frappé. Il envoya donc un message au Négus dans lequel il lui confia la mission d’annoncer leurs fiançailles puis de contracter leur mariage, malgré les grandes distances qui les séparaient. Le Prophète offrit à Umm Habîbah une dot de quatre mille dirhams. Lorsque la nouvelle du mariage de Muhammad et de Umm Habîbah parvint au père de cette dernière, Abû Sufyân, celui-ci dit, fier de cette alliance : « Il est l’homme par excellence, on ne peut lui faire courber l’échine ».
Il y a aussi Zaynab Bint Jahsh, dont Dieu a relaté l’histoire et les motifs de son mariage avec le Prophète dans le Coran. Ce mariage est venu en fait annuler l’interdiction pré-islamique qui empêchait des parents adoptifs d’épouser l’ex-conjoint de leur enfant adoptif. Cette interdiction était alors répandue chez les Arabes. Elle résultait de l’importance accordée à l’adoption. Le Très-Haut révèla alors au sujet des enfants adoptés : « Appelez-les du nom de leurs pères : c’est plus équitable devant Dieu. » [6 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nb6)]
Dieu ordonna alors à Son Prophète d’épouser l’ex-femme de son fils adoptif (http://www.islamophile.org/spip/article342.html), malgré la difficulté qu’éprouvait le Prophète à agir de la sorte, et le bouleversement que cela allait susciter dans la société. Le Très-Haut dit : « Quand tu disais à celui que Dieu avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l’avais comblé : ‹Garde pour toi ton épouse et crains Dieu›, et tu cachais en ton âme ce que Dieu allait rendre public. Tu craignais les gens, et c’est Dieu qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eût cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu’il n’y ait aucun empêchement pour les Croyants d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le Commandement de Dieu doit être exécuté. » [7 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nb7)]
C’est la même chose pour toutes les épouses. Chacune d’elles a son histoire, et chaque mariage comporte une sagesse. Entre autres sagesses, on peut citer le raffermissement des liens entre les tribus arabes grâce à la belle-alliance. Toutes ces femmes, exceptée `Â’ishah, avaient déjà connu le mariage et n’étaient pas réputées pour une beauté extraordinaire. Si le Prophète — paix et bénédictions sur lui — avait voulu épouser les plus belles vierges d’Arabie, leurs familles n’auraient pas hésité à se rapprocher de lui de cette manière. Mais lui cherchait par chaque mariage à résoudre un problème ou à panser une plaie. Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui.
<!-- debut_surligneconditionnel -->[1 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nh1)] Sourate 4, Les Femmes, An-Nisâ’, verset 3.
[2 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nh2)] Sourate 4, Les Femmes, An-Nisâ’, verset 3.
[3 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nh3)] Sourate 33, Les Coalisés, Al-Ahzâb, verset 53.
[4 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nh4)] Sourate 33, Les Coalisés, Al-Ahzâb, verset 52.
[5 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nh5)] Sourate 33, Les Coalisés, Al-Ahzâb, versets 28 et 29.
[6 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nh6)] Sourate 33, Les Coalisés, Al-Ahzâb, verset 5.
[7 (http://www.islamophile.org/spip/article461.html#nh7)] Sourate 33, Les Coalisés, Al-Ahzâb, verset 37.
Qui sont les épouses du Prophète ?
<!-- debut_surligneconditionnel -->Question
Combien d’épouses le Prophète - paix et bénédictions sur lui - a-t-il eues ? Quels sont leurs noms ? Pourquoi Dieu l’a-t-il autorisé à prendre plus que quatre épouses ?
Réponse de Sheikh `Atiyyah Saqr
Il est convenu que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - eut onze épouses. Deux d’entre elles moururent de son vivant : Khadîjah Bint Khuwaylid et Zaynab Bint Khuzaymah. Et les neuf autres survécurent au Prophète - paix et bénédictions sur lui. Six de ses épouses étaient qurayshites, quatre étaient arabes non-qurayshites et une était non-arabe, à savoir Safiyyah Bint Huyay (http://www.islamophile.org/spip/article354.html) qui était israélite.
Les épouses qurayshites sont :
<LI class=spip>Khadîjah Bint Khuwaylid : sa généalogie rencontre celle du Prophète - paix et bénédiction sur lui - au niveau de leur ancêtre commun Qusayy, qui était l’ascendant du Prophète au cinquième degré. C’est la première épouse du Prophète, elle lui donna tous ses enfants (`Abd Allâh, Al-Qâsim, Zaynab, Ruqayyah, Umm Kulthûm et Fâtimah (http://www.islamophile.org/spip/article95.html)), sauf Ibrâhîm, dont la mère était Mariyah Al-Qibtiyyah (Marie la Copte). Khadîjah mourut trois ans avant l’Hégire.
<LI class=spip>Sawdah Bint Zam`ah : sa généalogie rencontre celle du Prophète - paix et bénédictions sur lui - au niveau de leur ancêtre commun Lu’ayy Ibn Ghâlib, qui était l’ascendant du Prophète au neuvième degré. Le Prophète l’épousa peu après la mort de Khadîjah. Il conclut l’acte de mariage à La Mecque. Le mariage fut consommé à la Mecque, dit-on, ou à Médine. Elle mourut en l’an 54 de l’Hégire.
<LI class=spip>`Â’ishah Bint Abî Bakr As-Siddîq (http://www.islamophile.org/spip/article351.html) : sa généalogie rencontre celle du Prophète - paix et bénédictions sur lui - au niveau de leur ancêtre commun Ka`b Ibn Lu’ayy, l’ascendant du Prophète au huitième degré. Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - conclut l’acte de mariage avec `Â’ishah après son mariage avec Sawdah. Il consomma le mariage avec elle à Médine. Elle mourut en l’an 56 de l’Hégire, voire plus tard.
<LI class=spip>Hafsah Bint `Umar Ibn Al-Khattab : sa généalogie rencontre celle du Prophète - paix et bénédictions sur lui - au niveau de leur ancêtre commun Ka`b Ibn Lu’ayy, l’ascendant du Prophète au huitième degré. Le Prophète l’épousa en l’an 2 ou en l’an 3 de l’Hégire et elle décéda en l’an 45 de l’Hégire.
<LI class=spip>Umm Salamah, son prénom est Hind ou Ramlah : sa généalogie rencontre celle du Prophète - paix et bénédictions sur lui - au niveau de leur ancêtre commun Ka`b Ibn Lu’ayy, l’ascendant du Prophète au huitième degré. Il l’épousa après le décès de son mari en l’an 4 de l’Hégire. Elle mourut en l’an 58 de l’Hégire voire plus tard.
Umm Habîbah, son prénom est Ramlah ou Hind : elle est la fille de Abû Sufyân. Sa généalogie rencontre celle du Prophète - paix et bénédictions sur lui - au niveau de leur ancêtre commun Ka`b Ibn Lu’ayy, l’ascendant du Prophète au huitième degré. Le Prophète conclut l’acte de mariage en l’an 7 de l’Hégire alors qu’elle était en Abyssinie. Elle mourut en l’an 44 de l’Hégire, mais il existe différentes opinions quant à la date de son décès.Les épouses arabes non-qurayshites sont :
<LI class=spip>Zaynab Bint Jahsh. Son père était de la tribu de Mudar et sa mère, Umaymah Bint `Abd Al-Muttalib Ibn Hâshim, était qurayshite. Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - épousa Zaynab après qu’elle eut divorcé de Zayd Ibn Hârithah (http://www.islamophile.org/spip/article342.html) en l’an 3, 4 ou 5 de l’Hégire. Elle mourut en l’an 20 de l’Hégire, voire plus tard.
<LI class=spip>Juwayriyyah Bint Al-Hârith Al-Mustaliqiyyah : elle fut capturée lors de l’expédition contre les Banû Al-Mustaliq. Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - lui rendit la liberté et l’épousa en l’an 5 ou 6 de l’Hégire. Elle mourut en l’an 50 de l’Hégire, voire plus tard.
<LI class=spip>Zaynab Bint Khuzaymah : elle était surnommée dans l’ère pré-islamique « la mère des pauvres » (Umm Al-Masâkîn). Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - l’épousa en l’an 3 ou 4 de l’Hégire. Elle mourut en l’an 4. Elle fut l’épouse du Prophète pendant 2, 3 ou 8 mois.
Maymûnah Bint Al-Hârith (http://www.islamophile.org/spip/article353.html) : le Prophète - paix et bénédictions sur lui - l’épousa en l’an 7 de l’Hégire lors de son pèlerinage mineur. Elle mourut à Sarf en l’an 51 de l’Hégire.Quant à l’épouse non-arabe, il s’agit de Safiyyah Bint Huyayy Ibn Akhtab, des Juifs de la tribu de Banû An-Nadîr. Elle fut capturée à la bataille de Khaybar, puis le Prophète - paix et bénédictions sur lui - l’acheta à Dihyah et l’épousa en l’an 7 de l’Hégire. Elle mourut en l’an 50 de l’Hégire, voire plus tard.
Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - conclut un contrat de mariage avec d’autres femmes, sans que le mariage ne soit consommé.
Quant à Mâriyah Al-Qibtiyyah, elle n’était pas une épouse libre liée par un contrat, mais une esclave que le Prophète possédait ; elle lui engendra Ibrâhîm et mourut en l’an 12 ou 16 de l’Hégire [1 (http://www.islamophile.org/spip/article1113.html#nb1)].
Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - épousa un tel nombre de femmes selon la tradition des Arabes et d’autres nations qui pratiquaient la polygamie. Le verset qui limite le nombre d’épouses à quatre ne fut révélé au Prophète - paix et bénédictions sur lui - qu’après qu’il eut épousé toutes ses femmes. Dieu lui interdit alors d’épouser d’autres femmes et lui ordonna de maintenir celles qu’il avait déjà dans le giron prophétique, en récompense pour le choix qu’elles avaient fait auparavant de vivre avec le Prophète malgré la vie austère et ascétique qu’il menait. Le Très-Haut dit : « Il ne t’est plus permis désormais de prendre d’autres femmes, ni de changer d’épouses, même si leur beauté te plaît » [2 (http://www.islamophile.org/spip/article1113.html#nb2)]. De même, Dieu interdit à quiconque de se marier avec l’une des épouses du Prophète - paix et bénédictions sur lui - après lui. Il dit : « Vous ne devez pas faire de la peine au Messager de Dieu, ni jamais vous marier avec ses épouses après lui ; ce serait, auprès de Dieu, un énorme péché ». [3 (http://www.islamophile.org/spip/article1113.html#nb3)]. C’est pourquoi il ne répudia aucune de ses épouses afin qu’elles vivent auprès de lui et deviennent ses épouses au Paradis.
Le mariage du Prophète avec ses épouses n’était pas motivé par un désir charnel irrépressible, mais par des valeurs humaines nobles que l’on pourrait longuement développer. Si ses mariages étaient motivés par le désir sexuel, il aurait choisi d’épouser de jeunes vierges. Mais, en réalité, elles étaient toutes divorcées ou veuves, sauf `Â’ishah. De même, si ses mariage était dûs à une passion libidineuse, le Prophète n’aurait pas refusé toutes ces femmes qui se proposèrent à lui pour un mariage sans dot. En effet, le Prophète épousa chacune de ses épouses avec la Permission de Dieu. Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - dit : "Jamais je n’ai épousé l’une de mes femmes, ni n’ai donné l’une de mes filles en mariage sans révélation de mon Dieu Tout Puissant par l’intermédiaire de Gabriel". Ce hadith ne contredit en rien le propos du Prophète : "J’ai aimé de votre monde ici-bas le parfum et les femmes, mais le comble de ma satisfaction réside dans la prière". En effet, cet amour des femmes est un amour de miséricorde qui poussa le Prophète - paix et bénédictions sur lui - à faire de nombreuses
recommandations en faveur des femmes, y compris à la fin de sa vie. Pour de plus amples détails, consultez le volume 6 de « La famille sous les auspices de l’islam ».<!-- finde_surligneconditionnel -->
Notes
<!-- debut_surligneconditionnel -->[1 (http://www.islamophile.org/spip/article1113.html#nh1)] Mâriyah s’affranchit automatiquement après la mort du Prophète en vertu de son statut de mère de l’enfant qu’elle donna au Prophète - paix et bénédictions sur lui.
[2 (http://www.islamophile.org/spip/article1113.html#nh2)] Sourate 33, les Coalisés, Al-Ahzâb, verset 52.
[3 (http://www.islamophile.org/spip/article1113.html#nh3)] Sourate 33, les Coalisés, Al-Ahzâb, verset 53.
<!-- finde_surligneconditionnel -->
Source : http://www.islamophile.org (http://www.islamophile.org)
<!-- finde_surligneconditionnel -->
<!-- finde_surligneconditionnel -->
vBulletin® v.3.7.5, Copyright ©2000-2009, Jelsoft Enterprises Ltd. Tous droits réservés - Version française vbulletin-fr.org